Le bisphénol A ou BPA est une molécule présente dans de nombreux emballages alimentaires, notamment dans les boîtes de conserve ou les biberons. Déjà mis en cause pour ses effets sur le développement sexuel et du cerveau de l’enfant, le BPA est aujourd’hui en ligne de mire d’une nouvelle étude, qui démontre ses effets toxiques sur l’intestin à de très faibles doses.
Canettes, boîtes de conserve, bouteilles d’eau… le bisphénol A est partout : il entre dans la composition du polycarbonate, matériau très résistant à la chaleur qui sert à fabriquer le plastique des emballages alimentaires. Quand ils sont chauffés, par exemple au micro-ondes, les molécules de BPA migrent très facilement vers la nourriture et les boissons, pour ensuite contaminer l'organisme. Ainsi, on retrouve du bisphénol A dans de nombreux fluides corporels tels que le lait maternel, la salive ou le sang du cordon ombilical.
Le BPA à l'origine de maladies inflammatoires de l'intestin
Jusqu'à aujourd'hui, les études scientifiques s’intéressaient surtout aux effets du BPA
sur la fonction de reproduction et le développement du cerveau. Si l’Europe n’a pas interdit le BPA de la fabrication des emballages alimentaires, elle a néanmoins tiré les conséquences de ces études en fixant une dose journalière acceptable de 0,05mg/kg de poids corporel (DJA).
Mais début décembre, des chercheurs de l’INRA à Toulouse ont démontré les conséquences du BPA sur l’intestin, à des doses dix fois inférieures à cette DJA ! L’exposition de l’appareil digestif au BPA affecterait la perméabilité intestinale (ce qui favoriserait la rétention d’eau) et augmenterait la disposition à développer des maladies inflammatoires de l’intestin. Il peut aussi freiner le développement des défenses immunitaires intestinales, altérant leur capacité à reconnaître des substances potentiellement nocives pour l’organisme.
Si le BPA a été banni des biberons au Canada et dans certains Etats américains, et si
en France, des crèches ont interdit l'utilisation de biberons en contenant, on le retrouve toujours dans la majorité des contenants alimentaires. Espérons que cette étude
incitera les pouvoirs publics à prendre la décision de diminuer cette DJA, voire d’interdire le bisphénol A dans les emballages alimentaires. En attendant, il ne nous reste qu’à privilégier les contenants en verre ou en carton et à éviter de chauffer au micro-ondes les emballages en plastique.
Photo : Sylvain Raibaud/Flickr