La "Conférence des peuples" ou l'alter-COP de Cochabamba à l'initiative d'Evo Morales, rassemblant militants convaincus, peuples indigènes, scientifiques, ONG, et politiques se tiendra jusqu'à jeudi 22 avril en Bolivie. L'occasion de faire passer un autre message...Un cri dans le désert politique?
Sur l'appel d'Evo Morales (photo), se réunissent aujourd'hui et pour 3 jours les alters de Copenhague pour la "Conférence des peuples". Les alters c'est qui? A la fois des militants déclarés (associations déçues des négociations de Copenhague comme Les amis de la Terre, les José Bové ou Naomie Klein, des stars et people, comme peut-être James Cameron, le réalisateur d'Avatar... Mais c'est aussi les "laisser pour compte" des changements climatiques, comme les peuples indigènes du monde entiers. Ceux dont la voix compte moins. C'est enfin présentement des scientifiques. Plus de 14000 personnes sont attendues à la "Conférence des peuples".
Fédérer le Sud pour ne pas revivre un "nouveau Copenhague"
L'idée d'Evo Morales et de cette "Conférence des peuples": que les peuples les plus à priori durement touchés par le réchauffement climatique, puissent apporter et fédérer ensemble des alternatives. A termes, c'est la possibilité de constituer un réel contre-pouvoir climatique. Soit une situation dans laquelle les nations du Sud deviendraient ensemble un véritable partenaire de poids dans les négociations sur le climat avec les nations du Nord. Objectif final? Ne pas revivre un "nouveau Copenhague" à Cancun en décembre au Mexique. La "Conférence des peuples" est donc un symbole fort, une première, et une tentative qui intervient on se souvient au lendemain de la réunion de Washington sur le climat où n'étaient présents que les dix-sept principales économies de la planète.
Une autre vision du monde: la voix des peuples indigènes
Toutefois ce n'est pas le seul objectif de la "Conférence des peuples" et d'Evo Morales! Evo Morales on s'en souvient, est aussi le président d'origine indienne de la Bolivie, ardent défenseur des droits légitimes des peuples indigènes. Cet alter-COP prend donc racine dans un autre désir: celui de porter aux nations du Nord une vision alternative du monde, celui de la "sagesse écologique indigène": un autre monde que que celui du capitalisme effréné responsable peu ou prou du réchauffement climatique est possible. C'est le message. On comprend mieux l'emphase mise sur la présence possible de James Cameron, réalisateur d'Avatar à ce sommet, lui-même bombardé passeur de cette vision indigène du monde. On comprend aussi le groupe de travail chargé de réfléchir à une Déclaration universelle des Droits de la "Terre-Mère".
Utopique, ou réaliste?
Le message de ces alternatifs, peuples indigènes et militants s'il est partagé par une part de la population devra cependant infiltrer les sphères décisionnelles, si il veut réellement impacter la politique mondiale. Un défi quand on sait que seul les alliés politiques d'Evo Morales, Vénézuela et Nicaragua) ont répondu à l'appel de ce sommet. Verra-t-on un jour adopté à l'unanimité à l'ONU la Déclaration des Droits de la Terre-Mère?
crédit photo: Flickr/Sébatsien Baryli














