Chantal Jouanno (Secrétaire d’Etat à l’Ecologie) et Bruno Le Maire (Ministre de l’Agriculture) ont proposé, le 3 janvier dernier, un plan de lutte contre les algues vertes en Bretagne. Au total, 134 millions d’euros seront débloqués d’ici 4 ans pour mieux gérer les marées d’algues vertes. Quels sont les enjeux d'un tel dossier ?
La Bretagne, victime des algues vertes
Chaque année, la Bretagne se retrouve confrontée à la propagation d’algues vertes sur ses côtes maritimes. La cause ? Le déversement de nitrates, en provenance directe des exploitations agricoles extensives et touchées de plein fouet par la crise. Pour limiter le fléau, les écologistes restaurent chaque été les paysages submergés par des milliers de m3 d’algues. Les marées vertes devenaient donc un problème majeur : le gouvernement a du trouver un compromis entre le maintien de l’agriculture et la protection de l’environnement.
Limiter les nitrates en amont : une volonté des écologistes
Pour supprimer les risques sanitaires, réduire les nuisances et lutter efficacement contre les algues, il a été décidé de réduire, en amont, les concentrations en nitrate. Le plan gouvernemental prévoit de modifier les pratiques agricoles des bassins versants, tracer les flux d’azote et renforcer les contrôles. A terme, l’espoir réside dans le retour d'espaces naturels tampons et la réhabilitation de 20% des zones humides. En parallèle, le gouvernement veut valoriser les connaissances concernant les phénomènes de prolifération d’algues et aider la recherche.
La méthanisation : une solution curative qui arrange les agriculteurs et le gouvernement
L’investissement le plus important du plan ? Le ramassage, l’enfouissement et le projet de méthanisation des algues vertes. Le financement d’un tel projet est lourd, mais le gouvernement estime qu’il faudra entre 10 et 15 ans pour régler totalement le problème des algues vertes. Dans ce cas, un projet de revalorisation des algues semble un bon investissement écologique et économique. Les écologistes, eux, sont plus mitigés. Cette solution est curative et ne prend pas le problème en amont. Alors, doit-on considérer les algues comme une ressource durable ou considérer que les marées d’algues vertes, bientôt disparues par des actions concrètes, ne valent pas un tel investissement ?
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