Pourvu que la guerre du bio n’ait pas lieu. C’est du moins ce que la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique demande aux grandes enseignes de supermarchés qui cassent les prix des produits bio : le bien de la filière bio est en jeu.
La « guerre des prix » des produits bio est peut-être engagée. Entre Auchan, qui invite tous les managers en quête d’une vie saine à découvrir ses 50 aliments bio – le tout grâce à une secrétaire de direction reine du bon plan écolo ! -, Leader Price qui met en avant son caddy bio discount et Leclerc qui lance son comparateur de prix « bio », les produits bio n’ont jamais été aussi accessibles !
Du jamais vu. Alors que manger sain et « en protégeant la planète » était réservé à une niche de consommateurs avertis et à fort pouvoir d’achat, on se dit maintenant qu’il faudrait être idiot pour acheter cher le même produit dans un magasin bio ou dans une AMAP. Voire même s’en passer pour ceux qui ne voulaient pas payer plus pour manger mieux. Le seul problème, c’est que manger bio pas cher pourrait bien être néfaste pour nos agriculteurs bio.
Manger bio pas cher pourrait entraîner ne plus manger bio du tout
Pour la Fédération Nationale d’Agriculture biologique (FNAB), la « guerre des prix » que se livrent les enseignes de la grande distribution sur les produits bio pourrait avoir des « conséquences destructrices » sur la filière. En somme, une bataille commerciale et marketing qui fait subir des pressions aux agriculteurs, au moment de l’achat des fruits et légumes (bio !). Une méthode qui a déjà fait de nombreuses victimes dans le monde agricole traditionnel et qui ne prend pas en compte le surcoût de production lié au bio.
Fournisseurs ou distributeurs : jouez le jeu du bio, qui consiste à appliquer une nouvelle stratégie économique…c'est-à-dire une rémunération durable. D’ailleurs, certaines enseignes ont déjà franchi ce nouveau cap économique, en imposant une stratégie commerciale assurant une juste rémunération des producteurs bio. Autres points sur lesquels les supermarchés pourraient faire des efforts (ndrl : article greenzer - les produits bio trop chers en supermarchés ?) : les marges. Sachant que la grande distribution alimente 45% de nos paniers bio, mieux vaut espérer que tous les supermarchés se mettent à mieux considérer cette filière agricole, qui ne demande qu'à vivre du fruit de ses efforts écolos !
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A partir du moment où on veut développer la production du bio sans s'assurer que la demande va suivre, on court à la catastrophe. Aujourd'hui la part du marché du bio est très faible: 2 à 3 %. Le Gouvernement veut la faire passer à 20 % en 2018 !
Or la différence de prix entre les produits bio et les produits de l'agriculture conventionnelle est de plus de 50 % selon Que Choisir. Si les prix du bio ne baissent pas, il y a fort peu de chances que la demande continue à augmenter au rythme actuel. Or les prix produits bio ne peuvent pas baisser car leurs coûts de production sont plus élevés. Ils ne pourraient baisser qu'en utilisant les biotechnologies, ce qu'ils se refusent. Si les prix ne baissent pas alors que la production va fortement augmenter, on assistera à des excédents de l'offre des produits bio produits en France par rapport à la demande. Ce sera la " bulle du bio" et on aura cassé ce marché de niche. On pari ?