Lancé début octobre, l’ATR 72-600 est un avion à hélices conçu pour les vols régionaux, et qui revendique une consommation optimale de carburant. Un écho aux demandes de l’Association internationale du transport aérien de réduire les émissions liées à l’aéronautique.
Sans surprise, le secret de cette efficacité se cache principalement dans les turbines de l’appareil. Avec de nouveaux moteurs Pratt & Whitney 127M, le modèle de cette filiale d’EADS revendique une puissance thermodynamique additionnelle au décollage de 5%. « Par rapport à notre concurrent sur le marché des avions à hélices (Bombardier, ndlr), cela représente une économie de carburant comprise entre 20 et 30%, explique David Vargas, attaché de presse chez ATR. Dans le monde de l’aviation régionale, on se positionne aujourd’hui comme l’avion le plus écologique ». Une prétention qui repose aussi sur l’optimisation du comportement de l’appareil par temps chaud et lors de décollages en altitude. Mais aussi sur sa capacité à voler plus haut. L’ ATR 72-600 évitera ainsi à ses pilotes des détours pour le survol d’une montagne par exemple.
Outre sa motorisation, le nouvel avion court-courrier d’ATR se distingue également par une série d’innovations techniques visant à améliorer ses plans de vols. Objectif : tracer des lignes plus directes pour éviter des consommations inutiles de kérosène. Dans cette optique, les concepteurs de l’appareil ont notamment optimisé les procédures d’atterrissage pour en finir avec les ronds d’avions au-dessus des aéroports encombrés comme Londres ou Paris.
La rentabilité avant l’environnement
Vert, l’avion toulousain est également plus économique, un élément clé pour les clients d’ATR. « Il ne faut pas se voiler la face, le but d’une compagnie aérienne n’est pas de sauver la planète, mais d’être rentable, souligne David Vargas. L’impact sur la pollution reste un argument moins important que la baisse des coûts d’exploitation ». Cela dit, l’expérience du constructeur semble démontrer un changement d’état d’esprit chez les dirigeants des compagnies aériennes qui souhaitent désormais arborer des avions plus propres auprès de leurs voyageurs.
Bientôt, ils pourraient même ne plus avoir le choix. Le Parlement européen a en effet décidé d’inclure d’ici 2011 le secteur de l’aviation dans le système de droits à polluer européen (ETS). L’investissement dans une flotte plus verte permettra dès lors de limiter l’impact financier de la future réglementation. De son côté, ATR envisage d’intégrer ses nouvelles solutions à un avion plus grand qui pourrait voir le jour dans les prochaines années. Une aviation plus respectueuse de l’environnement, l’idée est dans l’air.
Baptiste Roux dit Riche Cleantech Republic,
le magazine des technologies vertes












