Retrouvez vos commentaires, réactions, et vos avis concernant le livre d'Elisabeth Badinter «Le Conflit. La Femme et la Mère».
« Pour faire une critique honnête et constructive, encore faudrait-il lire l'ouvrage de Madame Badinter...Les quelques journalistes que j'ai entendu ne l'avaient pas fait ! », nous confie Dorine. Chez Greenzer.fr, nous n’avons pas voulu faire une critique subjective et partiale du livre d'Elisabeth Badinter. Après avoir rappelé les propos d’Elisabeth Badinter et des « vertes de rage », nous avons préféré vous laisser la parole.
Comme pour tout débat, vos avis divergent. Voici quelques-uns de vos commentaires. Merci encore à toutes et tous pour vos argumentations très intéressantes.
Quand les femmes « actives et écolo » prennent le parti des vertes de rage…
Concilier vie de femme active et vie de femme écolo ne semble pas incompatible. « Je suis femme, mère et cadre. J'aurais aussi pu écrire, je suis cadre, femme et mère ... Je ne suis qu'un individu ayant plusieurs rôles qui cohabitent, alternent et s'entremêlent. Accessoirement, chez nous, c'est couche lavable. La couche lavable s'intègre parfaitement dans le planning de la femme, de la mère et de la cadre : c'est une tâche qui ne sous-entend pas de contrainte horaire et s'intègre parfaitement dans une organisation millimétrée. [] » nous indique une de nos lectrice.
Claude nous avoue, aussi, que le choix d’être une « femme écolo » n’est pas toujours facile à imposer. « Il a fallu que je me batte pour allaiter à la maternité. [] Je ne me suis jamais sentie aliénée, au contraire ça me donnait la liberté. [] C'était notre choix de vie. [] Je ne vois pas en quoi avoir allaité mes enfants me rend moins féministe. Je précise que j'ai travaillé pendant 12 ans dans la bio et les femmes y ont une plus grande place qu'ailleurs, dans l'agriculture, ou la production et le commerce. Arrêtons d'opposer les gens les uns aux autres. »
Bertille, comme d'autres internautes, déplore les caricatures. « [] Sa perception des green women est tout à fait pétrie de caricatures bien éculées et cela nuit vraiment à son propos. Toutefois, je trouve que dire qu'être écolo est un progrès pour la condition féminine ne va pas de soi, et je suis donc ravie que le débat soit posé. L'argumentaire des bio-babes leur fait d'ailleurs plutôt justice. »
...d'autres prônent surtout une liberté de choix de vie.
Contrairement à Elisabeth Badinter, d'autres quinquagénaires sont plus modérées et compréhensives « J'ai 56 ans et c'est vrai qu'en voyant ma fille revenir aux couches lavables et aux légumes cuisinés maison, je me demandais où sont partis nos "acquis" d'il y a 30 ans []. Finalement c'est un retour aux choses plus vraies et c'est pas plus mal. Elisabeth Badinter se trompe en indiquant qu'on pousse les femmes à ce nouveau mode de vie, c'est leur choix ! » .
En réalité, le choix doit pouvoir se faire dans les deux sens, selon l'envie d'être écolo...ou pas ! : « [] Je travaille dans le monde du bio et je peux vous dire pour la vivre au quotidien que la pression pour l'allaitement est très présente et que la place de la mère à la maison n'est pas un mythe : alors oui à celles qui veulent allaiter mais oui aussi à celles qui ne le souhaitent pas ! []»
Et si les propos d’Elisabeth Badinter étaient politiques ?
Pour Mikela, le problème n’est pas dans la question "être une femme bio ", mais plutôt dans l'amélioration des conditions sociales féminines. « [] Je voudrais que Mme Badinter aille dire à l'ouvrière d'usine qui déteste son boulot qu'elle doit renoncer au plaisir d'élever ses enfants car c'est régressif. [] Quand on aime son travail, le choix se pose, effectivement, et doit être libre de toute injonction. Mais quand le travail est une souffrance, pourquoi faire honte aux femmes qui, enfin, vont pouvoir faire quelque chose qu'elles aiment. »
Elisa va même encore plus loin dans cet argumentaire « [] Je trouve que bien des femmes aujourd'hui ne comprennent pas les enjeux, ni l'histoire des droits arrachés par les femmes au cours de l'histoire ! Badinter ne fait pas l'apologie des couches jetables, elle s'attaque à leur taxation. [] Il s'agit de continuer à combattre pour l'égalité des salaires, pour des dispositifs efficaces: contre les violences faites aux femmes, d'aides pour les activités périscolaires des enfants et bien plus encore ! »
Claire, comme d'autres Greenz'onautes, déplore que la sortie du livre d’Elisabeth Badinter soit si proche des élections régionales. « L'expression d'Elisabeth Badinter est devenue purement politicienne. En tant que représentante du parti socialiste, elle attaque frontalement en pleine période électorale, le parti Europe Écologie et sa médiatique leader Cécile Duflot qui lui font de l'ombre et lui tiennent la dragée haute. »
Que la question soit humaine ou politique, « Le féminisme devra certainement être redéfini à moins de ressembler au communisme du 21ème siècle... »
Crédits photos : Cyril Plapied/flickr et Jo Jakeman/flickr















Excellent ouvrage, l'état des lieux est réaliste, fourmillant d'énormes références. Chacun pourra se faire sa propre opinion sur le conditionnement établit par bon nombre de personnes physiques et morales, encore plus étonnant, parfois, sans même que l'on s'en rende compte...
Merci Mme Badinter pour ce remarquable livre