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Biogaz ou les bénéfices du fumier

fumier
  • Posté par Jeremy Bellanger le 15.07.2009
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Le cheval et ses déjections pourraient bien participer activement à la préservation de l’environnement. C’est en substance ce que pensent les communes de Chantilly qui étudient la possibilité de transformer le fumier en biogaz. Des excréments pour créer de l’énergie propre, le projet ne manque pas d’originalité et pourrait prêter à sourire.

Pourtant, l’initiative offre des perspectives écologiques véritables et constituerait une démarche de développement durable (DD) réelle. L’idée impulsée dans le cadre des formations EURopean Energy Manager (EUREM) par le directeur de cabinet de la commune de Lamorlaye, Bruno Batisttini, est donc à prendre au sérieux.

Ce procédé qui consiste en une méthanisation des déchets est déjà utilisé par plusieurs voisins européens : Allemagne, Pays-Bas ou Belgique. Par une capture du méthane, il permet la production d’un biocarburant qui participe à la réduction de l’effet de serre. Une action déterminante si l’on considère que le méthane est 21 fois plus nocif que le grand méchant CO2 dans ce domaine.

C'est à se demander, pourquoi la France ne s’est pas engagée plus tôt sur ce créneau de la revalorisation des bio-déchets ? Comme souvent, c’est au niveau du cadre légal qu’il faut chercher l’explication. Ce n’est que depuis le décret de 2006 qui permet une rémunération plus importante de l’énergie verte, que le projet est devenu économiquement viable. On peut aujourd'hui produire et revendre le bio-gaz à bon prix. Auparavant, cette possibilité était la chasse gardée des industries agro-alimentaires qui atteignaient une certaine rentabilité grâce à des quantités colossales de bio-déchets (de l’ordre de 20 000 tonnes pars an). Ce sont donc de belles économies d’énergies et financières accompagnées d'un bénéfice écologique non négligeable qui se profilent à l'horizon.

Avec 4 000 chevaux produisant 50 000 tonnes de fumier à l’année, les communes de Chantilly sont assisent sur un gigantesque trésor énergétique. Espérons que ce positionnement servira d’exemple à d’autres régions. La meilleure efficacité écologique n’est-elle pas de coordonner les techniques de production d’énergies renouvelables avec les ressources propres d’une zone donnée ?

Crédit Photo : SemicharmedLife (listening to the Decemberists) / Flickr

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      seredenpid (Invité) le 16.07.2009 à 08:40

      Votre article vante, à juste titre la méthanisation des effluents agricoles. Bravo.
      Néanmoins, la solution projetée par Chantilly/Lamorlaye est la pire possible et contre productive concernant les GES.
      Vous écrivez :"capture du méthane" ce qui induit l'idée qu'aujourd'hui le méthane potentiel du fumier en question passe à l'athmosphère ce qui est faut.
      Vous écrivez aussi que c'est un problème de cadre légal et vous renvoyez à la notion de rémunération, ce qui est un mélange des genres dangereux.
      Quand au biocarburant, il n'en est pas question dans le projet cité qui prévoit une cogénération d'électricité et de chaleur.
      Cette production d'électricité à partir d'un groupe électrogène polluant ne peut pas faire mieux que la production électrique française en matière de GES.
      La production de chaleur et la création d'un réseau pour son transport et sa distribution est une anerie insigne.
      Le rendement de cette installation sera au plus de l'ordre de 70 %, donc 30% de pertes.
      les économies fiancières et écologiques ne seront pas là, parole de professionnel.
      La seule solution, viable au plan écologique est l'épuration du biogaz et son injection dans le réseau GRDF ou il sera brulé au rendement de 90% minimum, c'est à dire avec 3 fois moins de pertes.

       
      passager (Invité) le 16.07.2009 à 09:24

      Bonjour,
      Vous dites énergie propre à propos de la transformation du fumier de cheval en biogaz, c’est vrai au niveau de l’idée générale.
      Dans le cas de l’usine en étude pour Chantilly il s’agit de produire environ deux millions de mètres-cubes de méthane – 2 000 000 m3 de CH4- à partir de 50 000 tonnes de fumiers.
      Les deux millions de mètres-cubes de méthane correspondent exactement à deux millions de mètres-cubes de gaz de ville, c’est le même gaz.
      L’installation envisagée est une cogénération moitié part électrique et moitié part chaleur.
      Son rendement d’exploitation hivernal, c’est à dire au mieux, sera de 65%, ceci ne dépend pas du gaz mais de la technologie des moteurs thermiques.
      En outre, son équilibre économique ne sera jamais atteint même grace à la stupide tarification de rachat par EDF, imposée par l’Etat, du courant électrique. Tarification en voie d’extinction, dont la disparition est très probable et qui est contre nature doublement puisque que, au plan économique cela consiste à acheter un courant électrique 7 fois plus cher que le coût de production, production faite sans gaz à effet de serre.
      Pour la partie chaleur, il s’agit de créer ex nihilo, un réseau de chaleur de plusieurs kilomètres, avec d’énormes pertes de chaleur en lignes, avec beaucoup n’énergie électrique consommée par les pompes de ce réseau.
      D’où ce rendement très médiocre bien que présenté ici sur sont meilleur jour.
      La référence aux pays voisins fait une comparaison biaisée, en Allemagne notamment, le courant électrique est produit à base de charbon, ce qui inverse la donne économico-écologique.
      Dans cette référence aux pays voisins, ceux cités et d’autres, vous omettez de dire que certains, avec succès vérifié, procèdent par introduction du biogaz dans le circuit de distribution de gaz général, équivalent à notre GDF.
      Ceci change fondamentalement le problème, en France, par réglementation, toutes les chaudières ont un rendement supérieur à 90 %, ce qui veut dire que le biogaz peut être consommé à ce bon rendement.

      D’un coté, nous avons la solution présentée, surannée, obsolète avec un rendement écologique de 65% et de l’autre une solution avec 90 % soit 3,5 fois moins en terme de production de gaz à effet de serre.

      A la décharge des promoteurs de la solution envisagée à Chantilly, qui ne sont pas des spécialistes, en France, l’introduction de biogaz dans le circuit GDF est permise depuis peu.

       
      Jeremy Bellanger (Invité) le 16.07.2009 à 09:40

      En effet, il n'est pas question de biocarburant dans ce projet de Chantilly : mea culpa. Merci pour vos expertises précieuses sur le sujet.

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