Le cheval et ses déjections pourraient bien participer activement à la préservation de l’environnement. C’est en substance ce que pensent les communes de Chantilly qui étudient la possibilité de transformer le fumier en biogaz. Des excréments pour créer de l’énergie propre, le projet ne manque pas d’originalité et pourrait prêter à sourire.
Pourtant, l’initiative offre des perspectives écologiques véritables et constituerait une démarche de développement durable (DD) réelle. L’idée impulsée dans le cadre des formations EURopean Energy Manager (EUREM) par le directeur de cabinet de la commune de Lamorlaye, Bruno Batisttini, est donc à prendre au sérieux.
Ce procédé qui consiste en une méthanisation des déchets est déjà utilisé par plusieurs voisins européens : Allemagne, Pays-Bas ou Belgique. Par une capture du méthane, il permet la production d’un biocarburant qui participe à la réduction de l’effet de serre. Une action déterminante si l’on considère que le méthane est 21 fois plus nocif que le grand méchant CO2 dans ce domaine.
C'est à se demander, pourquoi la France ne s’est pas engagée plus tôt sur ce créneau de la revalorisation des bio-déchets ? Comme souvent, c’est au niveau du cadre légal qu’il faut chercher l’explication. Ce n’est que depuis le décret de 2006 qui permet une rémunération plus importante de l’énergie verte, que le projet est devenu économiquement viable. On peut aujourd'hui produire et revendre le bio-gaz à bon prix. Auparavant, cette possibilité était la chasse gardée des industries agro-alimentaires qui atteignaient une certaine rentabilité grâce à des quantités colossales de bio-déchets (de l’ordre de 20 000 tonnes pars an). Ce sont donc de belles économies d’énergies et financières accompagnées d'un bénéfice écologique non négligeable qui se profilent à l'horizon.
Avec 4 000 chevaux produisant 50 000 tonnes de fumier à l’année, les communes de Chantilly sont assisent sur un gigantesque trésor énergétique. Espérons que ce positionnement servira d’exemple à d’autres régions. La meilleure efficacité écologique n’est-elle pas de coordonner les techniques de production d’énergies renouvelables avec les ressources propres d’une zone donnée ?
Crédit Photo : SemicharmedLife (listening to the Decemberists) / Flickr










Votre article vante, à juste titre la méthanisation des effluents agricoles. Bravo.
Néanmoins, la solution projetée par Chantilly/Lamorlaye est la pire possible et contre productive concernant les GES.
Vous écrivez :"capture du méthane" ce qui induit l'idée qu'aujourd'hui le méthane potentiel du fumier en question passe à l'athmosphère ce qui est faut.
Vous écrivez aussi que c'est un problème de cadre légal et vous renvoyez à la notion de rémunération, ce qui est un mélange des genres dangereux.
Quand au biocarburant, il n'en est pas question dans le projet cité qui prévoit une cogénération d'électricité et de chaleur.
Cette production d'électricité à partir d'un groupe électrogène polluant ne peut pas faire mieux que la production électrique française en matière de GES.
La production de chaleur et la création d'un réseau pour son transport et sa distribution est une anerie insigne.
Le rendement de cette installation sera au plus de l'ordre de 70 %, donc 30% de pertes.
les économies fiancières et écologiques ne seront pas là, parole de professionnel.
La seule solution, viable au plan écologique est l'épuration du biogaz et son injection dans le réseau GRDF ou il sera brulé au rendement de 90% minimum, c'est à dire avec 3 fois moins de pertes.