Le Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique (CRIIGEN) vient de publier un rapport regroupant les connaissances toxicologiques sur le Bisphénol A. Daté de février 2009, ce rapport met en évidence la toxicité du Bisphénol A et ses effets néfastes sur l’être humain et sur l’environnement.
Le Bisphénol A est utilisé fréquemment dans l’industrie. On le retrouve majoritairement dans les emballages alimentaires. Le Bisphénol A est aussi utilisé dans la composition de certains pesticides, des CD et DVD, des téléphones portables, des jouets pour enfants, des verres de lunettes de soleil, des équipements médicaux et de nombreux matériaux de construction. Le rapport du CRIIGEN souligne par ailleurs que le Bisphénol A est particulièrement redoutable lorsqu’il est ingéré après diffusion dans les liquides ou les aliments, ce qui est le cas dans les boites de conserve, ou les biberons. Il est également connu pour avoir des activités endocriniennes perturbatrices.
Actuellement, d’après une enquête du Nouvel Observateur datant de septembre 2008, 700 000 tonnes de BPA sont utilisées en Europe, et 90% des biberons vendus aujourd’hui en France contiennent du Bisphénol A. Depuis 2008 cependant, certains fabriquants, à l’instar de Green to Grow, proposent sur le marché des biberons sans BPA.
Encore plus préoccupant, 97 conserves achetées en mars 2006 ont été analysées par un laboratoire Indépendant. Le but est de détecter la présence ou non de BPA dans ces conserves. Sur l’ensemble des aliments en conserves testés, il est apparu que la soupe au poulet, les préparations pour nourrissons, et les raviolis ont des niveaux de Bisphénol A fortement inquiétant. Les enfants ne sont donc pas les seules victimes du Bisphénol A : tout être humain est exposé quotidiennement. A noter cependant que les nourrissons et les enfants sont plus vulnérables aux effets néfastes du BPA que les adultes, le niveau d’exposition variant en fonction du poids de l’individu.
En effet, les études menées ces 20 dernières années ont permis la détection de BPA dans de nombreux fluides corporels tels que le lait maternel, le sérum, la salive, les urines, le fluide amniotique, et le sang du cordon ombilical. Ces études, réalisées sur 2200 personnes en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, montrent une forte contamination de la population du monde entier.
Le rapport signale également qu’il existe deux sources principales d’exposition au Bisphénol A pour l’homme : la migration dans les aliments du BPA lorsque la nourriture est emballée dans un conditionnement contenant du BPA et la migration du BPA, contenu dans des emballages ayant déjà servi, dans la nourriture ou l’eau.
Enfin, le rapport souligne que la législation a changé depuis peu au Canada. En effet, le Bisphénol A est classé parmi les substances dangereuses depuis le 18 avril 2008 sur les recommandations de « Health Canada ». Pour les Canadiens, le BPA est désormais classé « toxique pour la santé humaine et l’environnement ».
Pour lire le rapport en entier, vous pouvez le télécharger ici.
Pour plus d'information, consultez notre face à face biberon.
Crédit Photo : Fimb / Flickr










Sur ce sujet, JC Lagarde, député Nouveau Centre, a posé une question au gouvernement le 31 mars dernier pour l'alerter sur des mesures à prendre d'urgence, notamment une interdiction du BPA dans le plastique des biberons. A cette question, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a répondu que l'avis de l'AFSSA était contraire ("le BPA n'est pas dangereux pour la santé") et que, selon elle, aucune étude ne prouve sa toxicité ! Visiblement, elle est mal renseignée ! Il faudrait peut-être lui envoyer le rapport du CRIIGEN...