Après plusieurs mois de tergiversations, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a enfin annoncé qu’elle allait rouvrir l’expertise sur le BPA ou bisphénol A, un composé chimique contenu dans certains plastiques alimentaires, et notamment les biberons. Il était temps !
« L’Afssa va créer un groupe de travail pour examiner les nouvelles études scientifiques sur ce sujet », a indiqué Marc Mortureux, son directeur. Cette décision fait suite aux avertissements du Réseau environnement santé (RES), qui avait remis en cause les conclusions de l’Agence en mettant en avant de nouvelles études alarmantes.
En octobre 2008, l’Afssa avait en effet conclu à l'innocuité des biberons contenant du bisphénol A. Mais de nombreux scientifiques avaient continué à souligner la dangerosité de cette substance contenue dans certains biberons en plastique, mais aussi dans les cannettes, les récipients en plastique, le petit électroménager, les bouteilles d’eau réutilisables… Le bisphénol A est soupçonné de causer des troubles hormonaux, voire de causer des maladies cardio-vasculaires et des cancers du sein ou de la prostate.
Une question de seuil et de taux
En fait, les experts ne sont pas divisés sur la toxicité possible de ce composé chimique, mais plutôt sur les taux d’exposition et les seuils limite à partir de laquelle il devient toxique. « La position de l'Afssa sur le dossier Bisphénol A repose sur la Dose Journalière Admissible (DJA) de 50 µg/kg/j fixée par l'Agence européenne de sécurité alimentaire. Or plusieurs dizaines d'études montrent des effets chez l'animal à des doses d'exposition inférieures à cette DJA », explique le RES.
De nombreuses associations de scientifiques seront auditionnées sur le sujet, notamment le RES mais aussi l’European food safety authority (Efsa), l’équivalent européen de l’Afssa. L’objectif est d’apporter enfin une réponse claire et précise à cette question : le BPA est-il vraiment dangereux ? Rappelons qu’au Canada, les biberons en contenant sont interdits, et que certaines crèches françaises n’ont pas attendu pour appliquer le principe de précaution et en interdire l’utilisation !
Photo : -Jérôme-/flickr












