Chaque semaine, retrouvez le carnet de voyage d'Anne Benoit sur Greenzer... Après l'Inde, elle et sa famille sont cette semaine à Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande.
L’université de Chiang Mai est l’une des plus importantes du pays. Je m’y rends pour y rencontrer le Dr Stephen Elliott, docteur en gestion des forêts et ressources naturelles de l’Université d’Edimbourg, et professeur de biologie et de gestion de la faune sauvage à l’université de Chiang Mai depuis 1986. Dr Stephen Elliot est également le fondateur de The Forest Restoration Research Unit (FORRU). Les recherches de FORRU visent à concevoir des méthodes pour faire renaître les forêts mises à nu, dans le respect de leur biodiversité originelle. La diffusion des recherches de FORRU se fait à travers des publications, des formations et des séminaires destinés au gouvernement, aux ONG et aux villageois.
La déforestation sauvage de la Thaïlande
C’est le commerce du bois de teck qui a conduit à la déforestation massive des forêts de Thaïlande. A partir du XIXe siècle, l’Angleterre, la France et le Danemark exploitèrent intensivement les ressources en teck des forêts du nord du pays. Dans les années 1980, un quart des terres du pays était destiné à l’exploitation du bois et le taux de déforestation atteignait 6%.
C’est finalement un désastre écologique qui mit fin au commerce du bois en Thaïlande. En novembre 1988, le sud de la Thaïlande connut la pire inondation de son histoire. Plus de 370 personnes périrent dans des torrents d’eau, de boue et d’arbres abattus. Les dommages furent estimés à plus de 120 millions de dollars. L’opinion publique imputa ce désastre humain au commerce du bois et à la déforestation massive des forêts qui s’en suit.
En janvier 1989, le gouvernement décida de fermer les exploitations forestières en Thaïlande. Le gouvernement se fixa alors comme objectifs que 40 % du territoire soient couverts de forêts, dont 25 % de forêts préservées (parcs nationaux et sanctuaires de la vie sauvage). Aujourd’hui, nous en sommes loin du compte. En 2009, le couvert forestier ne représente que 24 % du territoire, et continue de diminuer. 18% des forêts sont déclarées zones protégées, soit un des taux les plus élevés au monde, mais les coupes sauvages et les exploitations illégales continuent. Aujourd’hui, certaines forêts protégées ne sont plus que des champs de souches et d’herbes.











