Lors du Beijing Auto Show 2010, la Chine présente ses voitures électriques et hybrides. Si la motivation des constructeurs chinois sur ces technologies ne se dément pas, elle ne s’explique pas vraiment non plus.
Devenue une véritable figure imposée dans ce type de rendez-vous, la présence de véhicules dits "propres" ne constitue plus vraiment un événement. Plus que la qualité environnementale des produits, c’est leur nombre et leur origine qui interpellent lors de ce salon de Beijing. Qu’il s’agisse des constructeurs chinois SAIC Motor Corp, FAW group ou BYD, tous présentent un nombre impressionnant de modèles hybrides et électriques : Roewe 550 plug-in hybrid, E1 electric EV electric concept car, Besturn 70, etc…. Si l’on se réjouit de voir la Chine s’impliquer de la sorte sur la question de la mobilité durable, ses motivations restent floues.
Le marché chinois est-il mature?
Lorsque l’on sait que la célèbre Toyota Prius ne s’est vendue qu’à 300 exemplaires l’année dernière en Chine, on est en droit de douter de l’attente du consommateur chinois vis à vis de la voiture électrique ou hybride. Plus que l’hypothèse d’un boycotte, une autre explication s’impose. En Chine, la majorité des acheteurs réalisent leur première acquisition de véhicule. Il y a donc fort à parier que la clientèle chinoise n’en est pas encore à faire son choix en fonction de la qualité environnementale d’une automobile. "Franchement, c’est prématuré de dire qu’il y aura dès maintenant ou dans un avenir proche une grande demande du consommateur pour la voiture électrique ou hybride en Chine", estime Stephen Dyer du cabinet de conseil A.T. Kearney. Les voitures étant pour l’instant destinées au marché domestique, la logique économique est donc loin d’être évidente.
Des raisons politiques et philosophiques ?
Certains avancent des raisons politiques, voire même philosophiques. L’idée selon laquelle la Chine aurait à cœur de prouver sa capacité à développer ces technologies aussi bien que les autres pays riches revient souvent. Les plus optimistes n’excluent pas pour autant l’existence d’une conscience écologique et d'une volonté de fournir à la population des véhicules propres. Si la théorie peut paraître un peu naïve, l’investissement massif et les recherches dans des technologies aux coûts abordables vont dans ce sens.
On en vient presque à se demander si la Chine ne veut pas prendre de vitesse les constructeurs impliqués de longue date dans la voiture propre. Parvenir à proposer en premier des voitures hybrides ou électriques accessibles serait un beau pied de nez à tous ceux qui stigmatisent les faibles engagements de la Chine dans le développement durable.
Crédit photo : exfordy/flickr














