Au fil des interviews et autres déclarations tapageuses, Claude Allègre est devenu la tête de pont médiatique "des sceptiques" en France. Une étiquette derrière laquelle certains rangent tous ceux qui réfutent la thèse d'un réchauffement climatique dû à l’action humaine. Entre invectives, accusations et parfois même insultes, l’ancien ministre est prêt à tout pour briser le consensus sur la situation climatique. Morceaux choisis.
En cette année 2009, Claude Allègre a véritablement atteint des sommets de provocation. Celui qui s’était mis les scientifiques du GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) à dos en 2006 dans un article paru dans L’Express, n’a pas rendu les armes, loin de là. Fin septembre, l’ancien ministre du gouvernement Jospin livrait, dans Nice-Matin, le fond de sa pensée. Pour lui, le réchauffement climatique n’est "qu’une vaste plaisanterie" et ses promoteurs des oracles de pacotille puisqu’ils "prétendent prédire le climat dans cent ans, alors qu'on a du mal à obtenir une météo fiable à plus de trois jours".
Hulot, sa cible préférée
Allègre ne se contente pas de s’en prendre à une entité sans visage. Ainsi, il a entrepris de tailler un costard à l’un des plus illustres écologistes : Nicolas Hulot. Là encore, dire qu’il n’y va pas de main morte relève de l’euphémisme. "Nicolas Hulot est un imbécile (…) C'est une honte qu'il soit devenu le gourou de l'écologie", selon Claude Allègre. Ici, la sémantique n'est pas anodine puisque l'ancien ministre dénonce une "secte verte" pour laquelle "le progrès est devenu un risque et la croissance un problème".
Au-delà de la provocation, certaines convictions
Pour autant, réduire la teneur des propos de cet ancien lauréat de la médaille d’or du CNRS à une simple provocation serait une erreur. Claude Allègre défend à tort ou à raison l’idée d’un changement climatique et non d’un réchauffement climatique. S’il s’en prend ainsi à Nicolas Hulot, ce n’est pas tant par haine de l’écologie que par opposition à la logique de décroissance. Il attend "une écologie productive (…) et non une écologie dénonciatrice et punitive qui ne voit l'écologie que comme l'annonce de catastrophes". Le genre de position qui pourrait donner lieu à des débats productifs et ludiques pour le public à condition qu'Allègre cesse de les agrémenter de provocations gratuites.
(Crédit photo : EuroMagic/Flickr)


























Qu'un ancien Ministre médaille d'or du CNRS donne son avis, cela me semble plutôt sain.
Que cet avis ne soit pas l'avis dominant, pourquoi pas. Copernic allait lui aussi à rebours des idées de son temps. Là ou le bas blesse, c'est s'il a vraiment traité un opposant d'imbécile.
Par rapport au différents éléments et mesures météo publiées, sa position dénote plutôt une difficulté à passer de la conception à la réalisation. La comparaison avec Copernic s'arrête assez vite. Mais finalement, quelle importance, puisqu'il est possible qu'il se sente "arrivé". Autant oublier rapidement les propos de ce personnage.
Sur un registre plus sérieux et sensible, je vous invite à aller voir le "Syndrome du Titanic" (le film de Nicolas Hulot), tout en sensibilité, en intelligence et en gravité, assez proche dans l'esprit de "La vérité qui dérange" de Al Gore et en contrepoint des traditionnels Ushuaïa.