Le Comité Interministériel pour le Développement Durable vient d’adopter sa stratégie nationale en matière d’écologie, de développement durable et d’économie verte pour la période 2010-2013. L'occasion, pour Greenzer, de faire le point sur la consommation durable.
Consommer durable. La tendance est là en France. Les raisons ne sont pas difficiles à trouver pour expliquer l’essor du bio et des produits « éco-intelligents »: En appliquant le principe de précaution sur sa santé, en limitant le consumérisme en période de crise et en protégeant la planète, le consommateur prend le virage d’une nouvelle perspective de vie plus en adéquation avec la nature…et se tourne vers une économie verte. Le tout poussé par La France et l’Europe qui engagent au fil des années des politiques en faveur d’une consommation durable. Pourtant, des contradictions existent encore en matière de décisions institutionnelles. En effet, le Grenelle 1 et le Grenelle 2 ne feront pas oublier la montée en puissance des OGM et l’abandon de la taxe carbone.
C’est toute une histoire pour consommer durable !
A l’échelle mondiale, on veut manger sain depuis le Sommet Mondial pour le Développement Durable à Johannesburg en 2002. Avec de belles ambitions, telles « qu’appuyer les initiatives régionales et nationales en vue d’accélérer le passage à des modes de production et de consommation durables », le monde était-il sauvé ? Notre vision critique de 2010 pourrait dire « non » . Pourtant, des efforts ont été réalisés. Juin 2003, le processus de Marrakech conduit par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, a permis de définir les priorités mondiales. En 2005, place à la phase opérationnelle réalisée par des pays volontaires. Le Royaume-Uni travaille sur les produits durables, l’Italie élabore des indicateurs d’éducation pour une consommation durable et la France devient leader dans le tourisme durable. Dès lors, la France a considéré les modes de consommation et de production durables comme l’un des leviers majeurs du développement durable. Les Grenelle 1 et 2 ont montré à quel point la France s'investissait pour une consommation durable. En parallèle, pourtant, on ne peut pas oublier l’échec de la taxe carbone et les OGM qui pointent le bout de leur nez dans les produits de nos étales…
Une note amère à l’idée de consommer durable
A la question "aurions-nous pû faire mieux en matière de consommation durable", encore faudrait-il que le consommateur ait toujours été réceptif aux produits respectant l'environnement. Aujourd’hui, consommer sain et durable évolue vers un besoin des consommateur. Conséquence des catastrophes écologiques qui se multiplient dans l’information quotidienne ? Peut-être. Peur pour sa santé ? Certainement. Rôle des messages politiques et industriels ? Loin d’être sûr. Selon l’ADEME, « 53 % des Français pensent qu’il y a trop de messages sur la consommation durable »*, alors que 54% des personnes interrogées « ne croient pas le discours DD des marques »*, que seulement 24% d’entre elles pensent que « les politiques et les collectivités prennent suffisamment en compte les enjeux environnementaux »* et que uniquement 26% des consommateurs « choisissent régulièrement des produits respectueux de l’environnement »*…Du travail, encore du travail pour informer sans nous faire faire une overdose de conso’ green !
De bio chiffres pour l’avenir !
Le Comité Interministériel pour le Développement Durable (CIDD), présidé par Jean-Louis Borloo, vient d’adopter sa stratégie nationale en matière d’écologie, de développement durable, d’économie verte et tout ce qui touche de près ou de loin à notre jolie planète (vue de l’hexagone) pour la période 2010-2013. Alors, ils nous promettent quoi, nos politiques, pour l’avenir ?
- Recycler, d’ici 2012, 75 % des emballages ménagers contre 60 % en 2006. Cultiver en agriculture biologique 6 % de la surface agricole utile (SAU) en 2012 et 20 % en 2020.
- Atteindre, en 2012, 20 % de produits biologiques dans la restauration collective publique.
- Avoir 50 % des exploitations agricoles engagées dans une démarche de certification environnementale en 2012 et 30 % d’exploitations à faible dépendance énergétique d’ici 2013.

- Réduire, d’ici 2018,de 50 % l’usage des produits phytosanitaires contenant des substances préoccupantes et sans solution de substitution .
- Porter à 100 % de produits issus de forêts gérées de manière durable (écocertifiées) les achats de bois de l’État à compter de 2010.
Si on se disait rendez-vous dans 3 ans, même jour, même heure, même pomme (bio) ?
*source ADEME **source Ministère de l'Environnement
Crédit photo : Milo Riano/flickr
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