Le sommet de Copenhague aura d’abord vu le pessimisme s’imposer avant qu’il ne soit emporté par une vague d’optimisme qui, aujourd’hui, pourrait bien se briser contre la réalité politique. Retour sur les dynamiques politiques, citoyennes et médiatiques qui ont fait fluctuer les attentes collectives vis-à-vis de cette conférence des Nations-Unies sur le climat.
Un sommet mal engagé dès le départ
Bonn, Bangkok, Barcelone, autant de conférences préparatoires au sommet de Copenhague qui résonnent, aujourd’hui, comme des échecs. Aucune de ces rencontres n’a permis de véritablement planter les graines d’une entente internationale. Même le secrétaire de l’ONU en charge du changement climatique, Yvo de Boer, avait des difficultés à cacher son inquiétude. "Il est préoccupant que nous ayons tant à faire en si peu de temps", déclarait-il au mois d’août.
Avec Obama, pieds et poings liés par un Congrès qui ne veut pas entendre parler d’engagements contraignants à Copenhague, comment pouvions-nous croire à la réussite d’une conférence climatique durant laquelle le plus grand émetteur mondial de GES serait absent ? Avec les prises de position de la Chine en matière de réduction de gaz à effet de serre, comment pouvions-nous croire à la réussite d’une conférence climatique durant laquelle le dauphin des USA en matière de GES ne tiendrait pas son rôle ? Malgré toutes ces raisons, et bien d’autres encore, nous avons quand même cru au processus de Copenhague. Peut-être même y croyons-nous encore. Nous sommes pourtant habitués aux conférences qui ne débouchent sur rien. Rio ne nous promettait-elle pas, en 1992, de ramener les émissions de GES au niveau de 1990 dès 2000. Pourquoi sommes-nous soudainement passés d’un pessimisme somme toute raisonné à un espoir forcené ?
Pourquoi on y croit malgré tout
C’est notamment les associations et la mobilisation dans et hors de Copenhague qui ont participé à entretenir l’espoir. "La véritable sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue pendant qu’on les poursuit", déclarait Serge Orru, président du WWF France, en citant William Faulkner. Au fil des manifestations de Copenhague, chacun s’est pris à croire que les dirigeants ne resteraient pas sourds aux attentes des citoyens du monde. Le buzz médiatique a, lui aussi, laissé penser que des accords décisifs étaient incontournables. Les déclarations successives de Ban Ki-moon ou même de Yvo de Boer qui basculait subitement dans l’optimisme - "Je n’ai absolument aucun doute que ce sera un succès" - ont amplifié ce sentiment. Plus prosaïquement, personne ne peut s’imaginer que les dirigeants du monde préfèrent voir le Bengladesh et les Maldives disparaître plutôt que d'évoluer. Personne ne veut y croire et pourtant…
Après l’espoir, l’angoisse
Départ des pays en développement de la table des négociations, retour du Japon et de la Norvège sur leurs engagements, mauvaise volonté des Etats-Unis et de la Chine ou encore démission de la présidente danoise de la conférence sur le climat, ont ramené tout le monde sur terre. Il ne reste plus qu’à s’accrocher à l’idée que les choses pourraient se débloquer demain avec la présence des chefs d’Etat. Dans une déclaration en direct de Copenhague, Nicolas Sarkozy a réclamé "une véritable réunion de travail au niveau des décideurs." Un appel qui, on l’espère, sera entendu car "si l’on on continue comme ça, c’est l’échec", comme l’a rappelé le président français.
(Crédit photo : markos/Flickr)














