Dans le train qui mène 700 activistes vers le sommet de Copenhague, Greenzer a rencontré deux militants : Jean-Louis et Xavier. Deux visages, deux profils, deux discours qui expriment à eux seuls la transformation qui s’opère dans les mouvements écologistes. Malgré certaines divergences dans leurs discours respectifs, ces hommes se rejoignent dans une même volonté d’agir et de « faire entendre leurs voix. »
Jean-Louis, éleveur quinquagénaire en Meurthe-et-Moselle
Jean-Louis, éleveur quinquagénaire en Meurthe-et-Moselle, est un stéréotype du militant écologiste. Gouaille, barbe blanche et chemise à carreaux, l’homme de convictions n’a pas oublié de s’équiper de son saucisson et de son vin bio avant d’embarquer. Et il n’a pas attendu Copenhague et son battage médiatique pour s’engager.
« J’étais déjà à Genève en 90 pour les accords du Gatt » rappelle celui qui estime que son « premier engagement, c’est d’être paysan ». Fortement inspiré par le mode de vie de la communauté amish, Jean-Louis est adepte d’une large décroissance. Après s’être débarrassé de sa télévision « qui ne sert à rien et fait des ondes », sa voiture devrait être sa prochaine victime. "Je me déplacerai à cheval", assure-t-il, lorsqu’on lui demande comment il va couvrir les 20 kilomètres qui le séparent de la grande ville la plus proche. Une vision pure et totale de l’écologie qu’il essaie de transmettre à ses enfants et qui tranche avec celle de certains de ses compagnons militants.
Xavier, formateur en anglais, "nouveau visage de l'écologie"
Conscient des clichés qui accompagnent la figure du militant écologiste, ce jeune homme nous prend à témoin avec humour : « Je n’ai pas une tête de bio ». Bien rasé avec une coupe standard, il espère « inverser la tendance » mais se veut avant tout « réaliste ». S’il adhère à la vision décroissante, il l’envisage comme une finalité et estime « que la conversion au développement durable serait une grande évolution ».
Engagé depuis trois ans aux Amis de la Terre et faucheur volontaire, le Savoyard ne « veut pas passer pour un extrémiste ». Sensibilisé par un discours de Nicolas Hulot, ce jeune père veut simplement pouvoir dire à ses enfants qu’il fait partie de ceux qui ont essayé. C’est cette volonté d’agir qui réunit, aujourd’hui, Xavier et Jean-Louis. Ils manifesteront donc à Copenhague, main dans la main, armés de cette certitude que l’urgence est là.
Photos : Jérémy Bellanger














