Les 12 et 13 décembre 2009 s’annonçaient comme un grand moment de mobilisation citoyenne à Copenhague. Deux jours qui ont tenu leurs promesses puisque, pour la seule journée de samedi, c’est environ 60 000 personnes qui ont déferlé dans les rues de la capitale danoise. Présent sur place, Greenzer vous relate ces manifestations qui ont oscillé entre revendications pacifiques et débordements.
Samedi matin : soleil, revendications et ambiance bon enfant
Après une courte nuit (2 heures) dans une école située à 40 minutes du centre ville, les militants français, belges, espagnols et anglais arrivés à Copenhague par le train baptisé « Climat Express » étaient d’attaque et plein d’espoir pour la longue journée qui les attendait. Ils faisaient partie de ces 5000 militants issus d’ONG internationales qui s’étaient donné rendez-vous dans le centre de Copenhague. Equipés de cirés bleus à l’initiative de Friends of the Earth, c’est une vague de bonne humeur et de motivation qui a traversé les rues pour s’échouer Place du Parlement et engloutir une bourse du carbone symbolique. Mises en scènes, prises de parole et appels à la « justice climatique » se sont enchaînés pendant que les militants affluaient sur la place pour atteindre les 60 000 personnes issus de tous horizons. La grande manifestation pouvait maintenant commencer. 6 km en direction du lieu des négociations installé au Bella Center étaient au programme. Objectif : interpeller les négociateurs et faire entendre ses revendications.
Samedi après-midi : premiers débordements
Malheureusement, l’après-midi ne s’est pas déroulée sous des auspices aussi favorables que la matinée. La présence de fauteurs de troubles (black blocs, extérieurs aux ONG) a créé quelques soucis. Témoin d’un débordement, Yann Arthus-Bertrand estime avec une pointe de compassion qu’il s’agissait « juste de jeunes anars qui ont cassé des vitrines ». La police dépêchée sur place n’a pas donné dans les sentiments. Tous ceux qui se trouvaient dans le périmètre ont été embarqués pour la « Prison Climat » de Valby.
Le lendemain, on déplorera 968 arrestations (seuls 20 restaient en détention le lendemain) et une plainte des Friends of the Earth Suède pour brutalité policière. Un documentariste arrêté, puis relâché quelques heures plus tard, va jusqu’à se demander s’il n’a pas été victime « d’une démonstration de force, d’un coup de com' de la police à destination des médias ». Néanmoins, ces événements n’ont pas réellement troublé la procession vers le Bella Center. La toute fin de la manifestation appartenait aux « fêtards » qui, à l’aide de platines installées sur une camionnette, ont transformé l’événement en « Technival Climatique » sous le regard de policiers sur le qui-vive.









