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Coupe du monde 2010 : Le foot victime de la sécheresse ?

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  • Posté par Alice Muntz-Portal le 08.03.2010
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L’année 2010 sera l’année du sport et de l’écologie, ou ne sera pas. Comme pour les Jeux Olympiques de Vancouver, les organisateurs de la Coupe du Monde de football 2010 vont devoir faire avec le climat, et surtout sans la pluie. L'eau sera-t-elle au rendez-vous entre le 11 juin et le 11 juillet ?

Le sport devient-il victime du réchauffement climatique ? Après les Jeux Olympiques de Vancouver, voilà que le foot pourrait bien être la prochaine cible d’un climat capricieux. Une sécheresse sans précédent touche l’Afrique du Sud : Pour les organisateurs de la Coupe du Monde 2010 de football, garder des pelouses de stades vertes relève donc d’un vrai casse-tête face à la nature. Bien entendu, la Coupe du Monde de Football 2010 n’est pas la seule menacée.  Cependant, le football est souvent roi. Il est bien plus aisé de trouver solutions anti-sécheresse afin que les joueurs internationaux s'entraînent sur une herbe verte et fraiche, plutôt que d’aider les autochtones en pénurie d’eau. Entre l’image conventionnelle du foot ou la gestion des réserves naturelles, il faudra certainement choisir.

L’Afrique du sud victime de la sécheresse

Nouveau caprice du climat, la côte sud-africaine est frappée par une sécheresse exceptionnelle. Plus particulièrement, Port Elizabeth, cité industrielle de la côte sud du pays qui abrite la pelouse du flambant neuf Nelson Mandela Bay Stadium, manque crucialement d’eau. Faute de précipitations, l’herbe grillée du centre-ville remplace les pelouses verdoyantes. Les réservoirs qui alimentent la ville en eau se vident de 5% chaque mois. Selon les organisateurs de la Coupe du Monde en Afrique, la pénurie doit être prise au sérieux. "Nous devrions avoir une consommation de 5% supérieure au pic de l'été", estime Barry Martin, directeur de l'eau et des installations sanitaires à la mairie de Port Elizabeth.

Depuis un peu plus d’un mois, de sévères restrictions d’eau ont été décrétées pour 1,1 million d'habitants. L'industrie et les hôtels sont encouragés à faire de même. Chaque famille est limitée à 500 litres d'eau par jour, pour piscines et jardins. Malheureusement, cette mesure ne concerne que ceux qui ont l’eau courante, ce qui n’est pas le cas de la majorité des habitants des quartiers défavorisés.

Pelouse verte sur le Nelson Mandela Bay Stadium

Sans arrosage, l’hôtel de luxe Paxton, qui accueillera la moitié des équipes de football lors de la coupe du monde 2010, a été recouvert d’une couche de peinture verte. Ce léger effet visuel n’est qu’un camouflage pour masquer la sécheresse.

Par contre, le foot sort grand vainqueur de la bataille pour l’eau : la pelouse bien verte du stade de Port Elizabeth détonne avec le manque d’eau dont souffre la région. Exempte des restrictions d'eau, le stade Nelson Mandela Bay Stadium doit montrer une image glorieuse du football. En attendant, il donne du fil à retordre aux jardiniers du stade : "Nous n'arrosons que la nuit à deux heures du matin pour éviter toute évaporation et réduire la consommation d'eau", assure Rob Hitchens, directeur du nouveau stade où se joueront huit matches du Mondial.  Face à cette situation de crise, des options, comme le filtrage du lac voisin ou le stockage dans de grands réservoirs d'eau venue de l'extérieur, sont envisagés.

Déjà, la municipalité s’inquiète de « l’après-Coupe du Monde », et pense aux approvisionnements de juillet. Le Mondial et l’afflux de touristes aggraveront certainement les problèmes chroniques d’approvisionnement en eau dont souffre la région. D’une manière plus générale, la Coupe du Monde 2010 risque d’accentuer tous les problèmes, et plus particulièrement le manque d'eau dans les «townships». La « solution », si on peut l’affirmer ainsi ? Une inondation, selon le porte-parole de la météo de cette région d’Afrique Du Sud, est la seule manière d’inverser la tendance. "Dans l'Eastern Cape, nous n'avons pas de précipitations normales. Soit il pleut trop ou pas assez", souligne-t-il. Le climat et les météorologues deviendraient-ils fous ?

Crédit photo : Sn00ze92/flickr

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