L’Autorité de Sureté nucléaire a suspendu les opérations de démantèlement dans l’installation nucléaire de Cadarache à la suite d’une inspection. La raison : la sous-estimation d’un risque nucléaire par le Commissariat à l’énergie atomique de Cadarache, chargé de son assainissement.
Depuis la décision d’arrêt et de démantèlement du site de production de combustible nucléaire ATPu (Atelier de technologie du plutonium) au printemps, le CEA Cadarache était chargé d’opération d’assainissement dans la structure. Il devait notamment opérer la récupération de dépôts de plutonium estimés à hauteur d’environ 8 kg dans certaines structures de l’installation appelées « boîtes à gant ». Or, le 6 octobre, il a annoncé à l’ASN la sous-évaluation de ces dépôts. « Les dépôts récupérés à ce jour sont, de l’ordre de 22 kg et le CEA estime que la quantité totale pourrait s’élever à près de 39 kg » déclare l’ASN. L’inspection décidée par l'ASN a révélé que le CEA était au courant de ce problème depuis juin et a mis trois mois avant de l’avertir.
La gravité de l’incident (classé 2 sur une échelle de risque qui compte 7 degré) tient du fait qu’une masse trop importante de matière fissible rassemblée au même endroit augmente le risque d’une réaction nucléaire en chaîne… La sécurité des employés était donc nettement plus faible qu’elle ne l’aurait dû ! Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a réclamé "la transparence la plus complète" sur cet incident et dit regretter "profondément qu'un tel délai se soit écoulé entre la découverte de cette situation et sa déclaration".
Photo : Flickr/vermin inc














