Dans le sillage de son patron et gourou, Franck Riboud, Danone fait feu de tout bois en matière de développement durable. Si certaines activités prêtent toujours le flan à quelques critiques écologiques, le dynamisme du groupe dans le développement durable dépasse de loin les actions sans lendemain et autres tentatives désespérées de greenwashing.
Au vu des différents projets, on peut difficilement nier l’investissement financier et stratégique du célèbre vendeur de yaourts dans le développement durable. Avec le pôle Danone Nature, par exemple, se sont développés de nouveaux modes de compensation carbone (grandes plantations de mangrove pour capter le CO2, réduction des émissions de méthane des vaches, etc…). Encore plus parlant, un investissement de 100 à 150 millions d’euros sur 5 ans a été affecté, depuis 2008, à un fond d’investissement baptisé Ecosystème. Une somme qui permettra de dynamiser les entreprises impactées par les activités de Danone (éleveurs, agriculteurs, etc…) et dont la bonne santé profitera à l’entreprise du CAC40. Un éleveur qui produit efficacement du lait de qualité, c’est du bénéfice en perspective pour Danone. Enfin, avec Danone Communities, le groupe entend inventer et développer de nouveaux business modèles.
Le développement durable une question de survie
Evidemment, Danone ne se fait pas prier pour communiquer sur ces sujets, mais l’engagement du groupe dans le développement durable semble révéler une véritable stratégie de fond. Les déclarations de Franck Riboud confortent ce sentiment. Loin de viser le titre de philanthrope de l’année, le PDG livre une pensée d’entrepreneur pragmatique : "Le développement durable, ce n’est pas la charité, sinon ça n’a rien de durable. Il s’agit de chercher de nouveaux modèles économiques pour faire du profit", estime Franck Riboud. Lucide, il n’est pas dupe du fait que ses actionnaires le suivent d’autant plus facilement que "Danone a de bons résultats". Néanmoins, il ne semble pas considérer les démarches de développement durable comme accessoires. "Une entreprise doit créer un équilibre social, environnemental et économique (…) Les entreprises qui n’évoluent pas dans leur écosystème sont vouées à mourir", ajoute-t-il. Si les grands patrons commencent à comprendre la valeur et la nécessité économique du développement durable pour une entreprise, alors tout espoir n’est peut-être pas perdu.














