73 millions de tonnes de DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques) seront déversées aux quatre coins du monde à l’horizon 2015. Ce chiffre issu d’une étude de Pike Research lève le voile sur une situation de crise. Chacun de ces objets électroniques et électriques qui jonchent notre quotidien pourraient bien finir par nous ensevelir sous leurs composants toxiques.
Il suffit de considérer la toxicité du mercure présent dans la plupart de ces produits pour appréhender la nature et l’ampleur du problème. Un gramme de cette substance est, en effet, capable de polluer 1 m3 de terre ou 1000 m3 d’eau pendant 50 ans. C’est donc bien d’une crise sanitaire dont il est question. Un constat d’autant plus inquiétant que les mesures prises pour enrayer cette crise ne seront pas efficaces avant cette date butoir de 2015, toujours selon Pike Research.
Les premiers touchés : les pays pauvres
La majorité de ces déchets échouent dans les décharges des pays pauvres et émergents d’Afrique ou d’Asie. Loin de nos yeux, la gravité de la situation nous échappe. Notre frénésie technologique couplée à une fièvre acheteuse alimente cette crise et impacte la santé de millions de personnes.
Certaines entreprises prennent aujourd’hui la mesure du problème. Elles dépassent ainsi les exigences du vieux traité de Bâle (1989) sur la réglementation des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux. DELL, par exemple, considère chacun de ses produits défectueux comme un déchet électronique. La société certifie donc qu'elle n'exporte aucun de ses produits usés vers les pays en voie de développement.
Comment lutter contre cette crise ?
Un bon début à condition de ne pas se contenter de transférer le problème d’une zone géographique à une autre. C’est ce défi que tente de relever l'Europe. Au travers des directives européennes de 2002 et 2005, elle veut réguler les méthodes de conception des produits et réglementer la récupération des DEEE. Une volonté qui passe par la collecte sélective, la réutilisation et la valorisation des déchets ainsi que par l'interdiction de plusieurs produits.
Bien évidemment l’efficacité de cette législation reste aussi conditionnée à l’attitude d’un dernier acteur : le consommateur. Conserver le plus longtemps possible ses produits électroniques, rapporter le matériel pour recyclage et acheter d’occasion sont autant de réflexes qui permettront d’apporter notre pierre à la résolution de cette crise.
Pour tous ceux qui veulent concrétiser ces beaux conseils, rendez-vous les 25, 26 et 27 septembre entre 10h et 19h, place de la Fontaine aux Lions à la Villette, à Paris. Il s'y tiendra l'événement "Recyclage Electro", lors duquel vous pourrez participer à une grande collecte gratuite de DEEE
(Crédit photo : manuelfloresv/Flickr)








