L’exposition "Portraits de Planteurs" de Patrick Wallet s’est ouverte avec le soutien de la Fondation Yves Rocher : l’occasion de découvrir le problème de la déforestation par le regard de Jacques Rocher son président. Son message ? Porter un regard positif sur des initiatives locales de reforestation dans le monde !
1- Jacques Rocher, vous allez fréquemment « sur le terrain », pourquoi ?
Voir physiquement l’ampleur de la déforestation ça fait prendre conscience de ce qui se passe réellement. Pas simplement de voir cela de très loin. Aller sur le terrain, en Ethiopie, à Madagascar, au Sénégal ou au Brésil et en Inde, pour moi c’est donc essentiel. Quand on parle des incendies de forêt en France ou bien d’une grande catastrophe à l’exemple de ce qu’il s’est passé avec Xinthia il y a encore quelque jours en France, là on prend vraiment la mesure des choses. De plus, aller au contact des personnes qui font le travail, il n’y a rien de mieux.
2- Vous parlez souvent de Conscience écologique, pour vous, qu’est-ce que c’est ?
La conscience écologique, c’est un regard, ce n’est pas un concept. Et c’est du bon sens. Celui de voir que l’on vit dans un milieu absolument incroyable et que nous devons nous émerveiller de toute cette vie qui nous entoure. Quand on apprend que si les abeilles disparaissent demain, en quelques jours il n’y a plus de pollinisation… Il est nécessaire de prendre conscience de quelque chose : que tout est lié. Le regard que l‘on peut porter vis-à-vis d’un arbre ou d’un élément du vivant pour moi c’est donc essentiel ; et maintenir la biodiversité c’est essentiel… car « tout est lié ».
3- Quels sont pour vous les enjeux de la reforestation aujourd’hui ?
L’enjeu de la reforestation, il est social, environnemental, mais il est aussi surtout humain. Le propos de la fondation Yves Rocher, n’est pas seulement de replanter 50 millions d’arbres. C’est aussi de travailler avec des gens qui sont sur le terrain et qui ont des vrais objectifs utiles, locaux. C’est la population qui participe activement à cette reforestation et qui le fait parce que c’est utile pour elle, aussi, très concrètement. Donc : il n’y a rien de spectaculaire, d’extraordinaire en soit.
4- Les projets de reforestation sont donc tous adaptés aux réalités locales ?
Oui. Quand on est au Sénégal, le travail fait par Océanium est plutôt dans un programme de reforestation de la mangrove qui est un écosystème essentiel. En Inde c’est plutôt de la plantation d’arbres, à la fois des arbres fruitiers, et des arbres pour retenir l’eau : des projets en lien avec les nécessités locales. Il ne suffit pas de planter des arbres et de s’en aller. Si vous n’avez pas derrière l’adhésion de la population : vous faites une belle photo et après c’est terminé. Or ce n’est pas du tout l’objectif. Il fait que ce soit utile ! Et un arbre met longtemps à pousser. Donc si on ne s’en occupe pas, c’est comme un enfant, il faut veiller à ce qui se passe.
5- Le message de l’exposition « Portrait de planteurs » de Patrick Wallet ?
C’est un message positif tout d’abord. Il y en a un peu marre des visions négatives de ce qui se passe dans le monde : « tout va mal ! ». Que ce soit ici, en Occident, ou en Afrique ou en Asie, cette série de photographie montre de gens engagés, heureux, souriants. Cette exposition veut aussi montrer que les gens de ces pays-là ont des leçons à donner. Stop à la condescendance ! Allez voir ce qui se passe en Afrique, voyez comment les gens se mobilisent et font. Et là vous apprendrez aussi des choses.
crédit photo: ©Patrick Wallet/Yves Rocher














