Eliminer les micropolluants de l’eau grâce à la lumière du jour : c’est l’objectif du projet Cleanwater mené dans sept pays sous la direction du Demokritos, le CNRS grec. Un laboratoire français participe à ce programme financé par la Commission européenne : le Département Systèmes Energétiques et Environnement de l’Ecole des Mines de Nantes.
« L’idée de la photocatalyse est d’utiliser des semi-conducteurs qui répondent à la lumière pour générer un mécanisme d’oxydo-réduction », explique Valérie Hequet, enseignant-chercheur à l’Ecole des Mines de Nantes. Résultat ? La création d’espèces actives qui vont réagir avec la matière organique pour la dégrader. Encore peu répandue, cette technique de dépollution de l’eau souffre aujourd’hui d’une contrainte de taille : la nécessaire utilisation de lampes UV.
Le programme Cleanwater vise donc à supprimer cet apport lumineux artificiel pour le remplacer par la simple lumière du jour. Moins énergivore et donc moins coûteuse, cette évolution photocatalytique pourrait trouver de nouvelles applications dans la fourniture d’eau potable. Le procédé permettant d’éliminer des polluants comme les pesticides, les colorants ou certains perturbateurs endocriniens.
Coordonner les recherches à l’échelle européenne
Spécialiste du suivi et du traitement des micropolluants dans l’eau, le département nantais sera chargé de tester l’efficacité des nanoparticules semi-conductrices élaborées par les autres équipes du programme. L’école compte d’ailleurs sur ce projet européen pour révéler à la lumière du jour son savoir-faire dans le domaine. Deux chercheurs maison et un doctorant seront ainsi sur le pont pour Cleanwater.
« Nous en sommes encore au tout début du programme puisque Cleanwater a débuté en juin. La principale difficulté risque de porter sur la coordination des sept unités européennes. Savoir comment on se structure constitue peut-être l’élément clé de la réussite de ce projet ». Avec en ligne de mire, un enjeu crucial : une personne sur cinq dans le monde n’a pas accès à l’eau potable selon les Nations Unies.
Baptiste Roux dit Riche,
Cleantech Republic, le magazine des technologies vertes

Photo : Ishrona/Flickr











