Plus efficace que le domptage de pigeons voyageurs et moins délirant que la téléportation, le designer Phil Hermes table sur un nouveau mode de transport écologique de nos colis : les égoûts. Un concept qui a pris la deuxième place du Vision Works Award dont DHL est un éminent partenaire.
Comme beaucoup, vous en avez sûrement plein le dos d’attendre l’arrivée de vos colis pendant des heures. Régulièrement, vous vous arrachez les cheveux en maudissant ce satané coursier que vous imaginez accoudé au zinc d'un café au lieu de vous livrer. Malheureusement, même cette haine primaire et irraisonnée est rapidement gâchée, lorsque vous pensez à tous les risques que vous faites prendre indirectement à cet homme qui slalom entre les voitures sur la voie rapide. Ajoutez à cela, les quantités de CO2 que son véhicule émet dans l’atmosphère du fait de votre demande, et vous atteignez des sommets de culpabilité. Le colis le plus important vaut-il que l’on mette en jeu la santé d’un humain et de la planète par la même occasion ? Assurément, non. Même en adoptant l’attitude la plus cynique, le jeu n’en vaut pas la chandelle, y compris en termes d'efficacité.
Un système de rail installé dans les égouts, qui distillerait les colis aux quatre coins de la ville serait, en effet, nettement plus efficient. Moins de véhicules dans les rues, donc moins de pollutions, moins de coursiers accidentés sur le périphérique et moins d’attente à la réception du colis. Ce concept un peu fou est donc à prendre au sérieux. Bien sûr, il faudra faire abstraction de l’idée que votre paquet a transité au beau milieu des déjections de toutes sortes. Mais, rassurez-vous, vos envois devraient voyager dans des boîtes hermétiques qui vous éviteront d’avoir la mauvaise surprise de recevoir un colis assorti d’un petit fumet « made in » égouts.
C'est véritablement le genre d’idées inspirées que l’on espère voir se multiplier, dans une période où nos pratiques doivent prendre un virage éco-responsable. Malheureusement, ce projet porte en lui un frein social majeur qui hypothèque grandement ses chances de voir le jour. Soyons réalistes. Qui laisserait se concrétiser un système pouvant entraîner la mort de la profession de coursier, alors que les chiffres du chômage sont aussi élevés ? Il y a donc fort à parier que le colis distribué via les égoûts reste lettre morte encore un bon moment. Tout du moins jusqu'à ce que l'on ait résolu le problème de l'emploi. Ce qui nous laisse un peu de temps a priori.
Crédit Photos : Bayer / Flickr











Pauvres facteurs ! Après l'invention du courrier électronique voici le transport des colis par les égouts !
Faut-il à tout prix maintenir les emplois ou bien en créer de nouveaux (par l'innovation) ?