Cette année le 15 août tombe un samedi. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, c’est à cette même date que le gouvernement annonce une augmentation du tarif de l’électricité. Une hausse de 1.9% de l'électricité pour les ménages que le ministère de l’écologie présente comme un réajustement logique et non impactant pour le consommateur. Il est pourtant difficile de ne pas voir dans cette évolution du prix, la concrétisation de la pression infligée par EDF sur le gouvernement.
Le ministère semble avoir décidé de sauver les apparences et d’anticiper la grogne populaire. Pour ce faire, il développe un argumentaire sur le thème du : tout est sous contrôle, ne cherchez pas de fausses raisons de vous plaindre. Il nous est donc rappelé dans un premier temps que, deux millions de foyers modestes sont éligibles à un dispositif qui permet de bénéficier de prix avantageux. Donc, si vous payez plein tarif, c’est que vous êtes un ménage aisé, ce qui ne vous donne pas le droit de râler. Une savante utilisation de la logique de classe. Il nous est aussi fait remarquer que le consommateur français est un privilégié puisque les tarifs de l’électricité dans l’hexagone sont 15% à 30% moins élevés que chez nos voisins européens. Enfin, le ministère joue la carte du développement durable et insiste sur le fait que cette augmentation a pour objectif d’investir dans les énergies renouvelables, suivant les engagements du Grenelle de l'Environnement.
Une rhétorique bien huilée qui n’en reste pas moins sujet à caution. Cet argumentaire n’arrive pas à masquer complètement la pression imprimée de longue date par EDF. “Pour cesser de nous endetter, il faudrait une hausse de 20% des tarifs”, déclarait début juillet le PDG de EDF, Pierre Gadonex. Demande à laquelle la ministre de l’économie Christine Lagarde avait répondu positivement après qu’EDF ait menacé de couper ses investissements dans EDF Energies Nouvelles : “il faut envisager des hausses tarifaires”, concédait la ministre.
Il semble donc que la raison majeure de cette hausse ne soit pas à chercher du côté des engagements du Grenelle de l’Environnement mais plutôt dans la volonté d’EDF d'obtenir de plus fortes rentrées d'argent. Une analyse que le gouvernement espère ne pas voir se développer dans un climat social déjà morose. Cette volonté est d'ailleurs très compréhensible. Une hausse tarifaire pour des raisons écologiques n'est-elle pas plus facile à faire accepter, qu'une augmentation pour renflouer un industriel que le politique doit soutenir envers et contre tout ?
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