La consommation mondiale d’électricité baisse en 2009 pour la première fois depuis… 1945 ! Le fruit d’une meilleure gestion de l’énergie ? Non, le résultat d’une baisse de la demande des industriels en crise. Conséquence : une baisse de l’investissement dans les énergies durables.
Une baisse de 3,5% pour l’électricité et de 3 % pour le gaz pour 2009 est annoncée par le cabinet Capgemini lors de la présentation de son étude annuelle, l’OEME (Observatoire Européen des Marchés de l'Energie). Une occasion de réjouissance pour les écologistes, qui verraient enfin le résultat tangible des restructurations d’entreprises dans une dynamique d’exploitation raisonnée et durable de l’énergie ? Pas du tout ! Cette réduction de la consommation d’électricité n’aurait en fait à priori rien à voir avec l’éco-consommation. D’après le cabinet, c’est à un recul de la demande industrielle en crise en 2009 qu’elle serait due.
Développement durable : investissements en baisse
Crise aux conséquences autrement graves en matière de production d’électricité puisqu’elle aurait pour effet notable une baisse corrélative de l’investissement dans les énergies et les infrastructures durables : « En provoquant une baisse de la consommation et des prix, la crise a obligé (…) à différer ou annuler les investissements et ralentit (…) la montée en puissance des énergies renouvelables observée ces dernières années », révèle Capgemini. Un paradoxe puisque c’est sur l’investissement dans le durable et les greentech qu’ont parié les gouvernements européens pour relancer la croissance.
Compteurs intelligents et infrastructures peu émettrices de CO₂
Capgemini conseille donc aux industriels de reprendre une politique d’investissement qui prend en compte les « changements de la réglementation européenne et notamment le paquet Energie-Climat ». Petit point de désaccord toutefois : si le cabinet préconise d’investir dans les infrastructures de production peu émettrices de CO₂, il regroupe dans cette catégorie les énergies renouvelables, mais aussi l’énergie nucléaire, certes peu émettrice mais génératrice d'une autre pollution ! Enfin, Capgemini conseille aussi l’amélioration des réseaux de distribution en les rendant intelligents et réactifs. L’installation des compteurs intelligents qui peuvent permettent de gérer en temps réel sa consommation, et l’intégration réelle des productions intermittentes (énergies renouvelables) pourraient y contribuer.
Photo : Flickr/1suisse












