Les américaines féministes et écolos deviendraient-elles « fémivores » ? Tel est le débat qu’a soulevé, dimanche, le New York Times.
A force de prôner un épanouissement personnel et une qualité de vie proche de la nature, les femmes en arriveraient-elles à renier le principe même du féminisme ? Tel est le débat qu’a soulevé, dimanche, le New York Times. Après Elisabeth Badinter en France, c’est au tour des Américains de dénoncer la prise de conscience obsessionnelle écolo des femmes. Conscience trop aigüe, certes, mais n’est-elle pas vitale ?
Féminivore, ou nouveau féminisme
Les américains ont donné un nom aux nouvelles féministes américaines. Fini les croqueuses d’hommes, les « fémivores » ont la côte, ou du moins font parler d’elles. Pourquoi « fémivores » ? Suite à un livre paru aux Etats-Unis « The Omnivore's dilemna »(« le dilemme de l'omnivore ») portant une réflexion intense sur le monde consumériste de l’alimentation, de l’agriculture et de l’agro-alimentaire, une pléiade de mots se sont inspirés de l’ouvrage. Les « locavores » sont devenus ceux qui mangent local, les fémivores sont « les femmes écolos », etc. Oui mais dans le sens littéral, « fémivores », n’est-ce pas plutôt « celles qui mangent les femmes » ? Drôle de néologisme, ce mot qui porte deux significations antagonistes ! Encore de quoi discréditer le choix de vie des femmes «vertes », qui défendent une manière de vivre vitale, gratifiante, et défendable moralement.
L’avenir de l’Homme, sera-t-il la femme écolo ?
Face à une économie en berne, l'Américaine écolo revient « à la terre ». Ces femmes, anciennement avocates, médecins, etc, ont mis entre parenthèse un travail harassant pour se consacrer à leur famille, et à l’avenir des enfants sur la planète. Régression ? Non, car le sujet ici n’est pas la place de la femme par rapport à l’homme dominateur. Un simple retour aux sources, avec un partage égal des tâches, c’est tout et tellement à la fois. Si on résume bien, ce n’est même plus tellement du féminisme, en réalité ?
L’éco-féminisme, un vieux lobbying américain
Etre « fémivores », ce n’est pas un concept si nouveau que cela aux USA. Depuis les années 80, les Américaines écolos ne sont pas qu’habituées à des cours de yoga. Elles veulent aussi prouver au monde que leur philosophie de vie peut changer le monde, et politisent leurs actions. Le concept est clair : ces femmes ont pour perspective de créer une société et une économie qui ne seraient pas fondées sur du colonialisme en tout genre comme celui des femmes par les hommes, de la nature par les êtres humains, des colonies par les métropoles.
Adoptant simplement pour l’instant un mode de vie écolo, ces « green women » américaines spiritualisent leur mouvement et comptent bien « dévorer le monde » pour se faire entendre, mais surtout imposer un profond respect des modes de vie.
Crédit photo : najt/flickr






























