Victimes privilégiées des emplois précaires et du chômage, les femmes risquent aussi de passer à côté de la croissance verte. Croissance verte portée par des secteurs encore très masculins (BTP, Ingéniérie...). Un problème d'orientation des jeunes filles pour Valérie Létard!
« 90% des emplois à temps partiels subis sont des emplois féminin » nous rappelle Valérie Létard, secrétaire d'Etat auprès de Jean-Louis Borloo, à l’occasion de la « Conférence Nationale sur les métiers de la croissance verte ». En France aujourd’hui, les femmes sont en effet particulièrement concernées par les emplois précaires, réduits, peu payés. Plus que les hommes. La croissance verte pourrait-elle constituer un vivier d’emplois stables et rémunérateurs pour les femmes ?
Une très masculine croissance verte
On peut raisonnablement en douter au vu de la liste des métiers "verts", qui embauchent aujourd’hui! Le Bâtiment, l’Energie, l’Ingénierie (conduite de projet, assainissement, recyclage), l’Agriculture et l’Entretien des espaces naturels, les Transports : autant de secteurs qui restent des bassins d’emplois très masculins. Sur les 600 000 nouveaux emplois verts attendus d’ici 2020 par le gouvernement : 225 000 concerneront les industries électriques, 200 000 les énergies renouvelables, 67 000 la réalisation de nouvelles infrastructures, et entre 39 et 43 000 dans le secteur de l’eau. De quoi s’assurer une très masculine croissance verte.
Les « green technologies » plaisent aux filles pourtant !
Or, le green plaît aux filles. Intéressées par les emplois verts, elles commencent à se diriger d’elles-mêmes vers des filières plus techniques comme l’a constaté Jean-Luc Thomas, président du comité de la filière « Construction électrique, électromécanique et réseaux ». Depuis 2 ans, « les quotas de jeunes filles augmentent enfin dans la filière électrotechnique », affirme-t-il, visiblement satisfait.
Pas de femmes dans les métiers de la croissance verte : un problème d’orientation ?
Pour Valérie Létard, le manque de femmes dans ces secteurs tiendrait toujours à un sempiternel problème d’orientation : « on a plutôt tendance à encourager [...] une jeune fille à aller vers une formation médico-sociale, en BTS et un garçon plutôt vers les écoles d’ingénieurs. Moralité, aujourd’hui il n’y a que 15% de femmes dans les écoles d’ingénieurs ».
Des incitations pour intégrer les femmes à ces secteurs porteurs ?
Encourager les femmes à s’orienter vers ces secteurs de l’écologie et des technologies de l’environnement, porteurs d'emplois verts est indispensable aujourd’hui. Et ce "dès le plus jeune âge"! Pour Valérie Létard, des incitations pourraient éventuellement faire partie du programme de « Service public d’Orientation » mis en place par le gouvernement. « On le fera, ou en tout cas, on fera tout pour que ces secteurs soient valorisés et que les femmes y aient tout autant accès que les hommes ! ». On l’espère : sans quoi, les femmes risquent de passer à côté de leur croissance verte.
crédit photo: Flcikr/Tiago Ribeiro



























