Placées sous l'égide du 18e Festival du Vent de Calvi, quelques figures de l'agriculture corse se sont retrouvées ce vendredi dans le bar Chez Tao pour discuter agriculture bio. Responsable de la chambre d'agriculture et agriculteurs convertis au bio ont ainsi soutenu la thèse selon laquelle le bio était l'avenir de l'agriculture corse. Sous un angle environnemental aussi bien que stratégique, l'idée paraît séduisante et crédible.
Comme l'ont relevé tour à tour les différents intervenants, la Corse ne peut et ne veut pas se positionner sur le créneau de l'agriculture intensive. Le salut de l'agriculture corse réside donc dans « des logiques de qualité et de terroir », selon un agriculteur adepte de la biodynamie (prise en compte des cycles lunaires dans chacune des actions agricoles).
Ce dernier surenchérit en assurant que ce positionnement répond à une véritable demande : « le consommateur moderne attend des produits de qualité ». Il s'agit donc d'offrir un bon produit, rentable et respectueux de l'environnement, mais aussi de retrouver la fierté du produit et du travail agricole. Une véritable démarche de développement durable en somme.
Ne reste plus qu'à faire le grand saut...
A l'heure actuelle, seuls 4% de la production agricole corse sont issus du bio. C'est 2% de moins que l'objectif fixé par Jean-Louis Borloo à l'agriculture française pour 2012. Mais, l'idée de lancer un projet bien plus ambitieux que ne le réclame le ministère de l'Ecologie ne fait pas qu'effleurer l'esprit des Corses. Déjà des techniciens de la chambre d'agriculture sont formés pour sensibiliser les agriculteurs traditionnels au bio. Agriculteurs qui proscrivent déjà majoritairement les pesticides et autres produits non-naturels.
Ne leur reste plus qu'à appliquer certaines normes. La volonté de créer un label corse fort est aussi à l'étude. Pas question, ici, de créer une pseudo certification, mais une marque distinctive qui valorisera les produits auprès des consommateurs. La Corse s'approche donc du bout du plongeoir, reste à savoir si elle osera se lancer.
Photos : Vigour/Flickr ; J. Bellanger











