Jeudi 26 novembre, à l’occasion des Ateliers de la Terre de Deauville, Fodé Sylla a pallié l'absence de Jean-Louis Borloo. Ainsi, l'ancien président de SOS Racisme a assuré la promotion du plan "justice-climat" en vue de la conférence de Copenhague. Missionné par le ministère français de l’Ecologie, il a rappelé l’enjeu décisif que constituera la situation énergétique du continent africain lors du sommet de Copenhague : "Si l’Afrique n’a pas accès à l’énergie, on ne peut pas parler de développement durable planétaire".
Devant une assistance composée de profils variés (politiques, entrepreneurs, écrivains, etc…), Fodé Sylla a rappelé à chacun une cruelle réalité. Exception faite du nord et du sud de l’Afrique, ce continent est victime d’une véritable crise énergétique. Un simple coup d’œil sur les photos satellites le prouve. Le cœur de l’Afrique est plongé chaque soir dans le noir faute d’énergie. Or, "l’énergie, c’est faire face à la famine, à la sécheresse mais aussi à la guerre. Celui qui possède de l’énergie lie des partenariats économiques. Et là où il y a des partenariats économiques, il n’y a plus de guerre", précise Fodé Sylla. Sachant que l’homme est aussi salarié d’Areva en charge de l’environnement et de la formation en Afrique, on espère simplement qu’il n’envisage pas l’énergie nucléaire comme une solution. Une suspicion que ce dernier rejette avec force.
"305 milliards pour l’accès à l’énergie en Afrique", Fodé Sylla
Dans la droite ligne du plan "justice-climat", Fodé Sylla insiste donc sur l’absolue nécessité d’apporter une aide chiffrée aux pays pauvres pour subvenir à leurs besoins énergétiques et leur permettre de prendre part au développement durable. Missionné par Jean-Louis Borloo pour "développer les échanges" en Afrique, il rappelle que "305 milliards de dollars pour offrir l’accès à l’énergie en Afrique suffiraient. L’idée d’une taxation indolore de 0,001% préconisée par Jean-Louis Borloo pourrait d’ailleurs participer à financer ce projet".
"La question du financement pose problème", Salifou Sawadogo
Une perspective qui n’est pas pour déplaire au ministre de l’Ecologie burkinabé, Salifou Sawadogo. "On salue la volonté de la France d’imposer le plan "justice-climat" que l’Afrique soutiendra sûrement" a déclaré le ministre. Malheureusement, la position française ne peut suffire et "la question du financement reste un problème". La dotation à apporter aux pays pauvres pour qu'ils puissent réduire leurs émissions de CO2 reste donc à établir. Quand Salifou Sawadogo se fait l’écho de la position mexicaine qui propose "des aides en fonction du taux de réduction à atteindre et du PIB du pays", on comprend le chemin qu'il reste à parcourir pour que l'offre soit à la hauteur des attentes.















Copenhague : le Réseau "Sortir du nucléaire"
demande l'annulation de la mission confiée
par M Borloo à Fodé Sylla... salarié d'Areva
Le Réseau "Sortir du nucléaire" conteste avec la plus grande vigueur la mission annoncée le 19 novembre par M Borloo et confiée à Fodé Sylla, présenté comme ancien président de SOS racisme, alors qu'il est aussi - et surtout - salarié de la multinationale du nucléaire Areva.
M Sylla a pour mission de convaincre les dirigeants africains de soutenir les manoeuvres des autorités française qui tentent de faire inclure le nucléaire dans les options favorables au climat. Il est intolérable qu'une mission de la diplomatie française soit littéralement fusionnée avec les intérêts de la multinationale Areva.