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La fusion thermo-nucléaire artificielle à portée de main

le Soleil
  • Posté par Baptiste Decorps le 17.02.2010
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L’espoir d’obtenir une source d’énergie quasi-illimitée et propre grandit. Récemment, des chercheurs américains ont réalisé une formidable avancée dans le domaine de la fusion nucléaire.

Le mercredi 27 janvier, l'Agence nationale américaine de sécurité nucléaire (NNSA) a rapporté la production d'un mégajoule (une énergie équivalente à 500 fois celle utilisée aux Etats-Unis !) dans le cadre d'une expérience sur la fusion nucléaire. Cette quantité astronomique d'énergie a été engendrée par un dispositif regroupant pas moins de 192 lasers dont les rayons ont été dirigés vers un tube aussi grand qu'un pouce. L'installation, occupant une surface équivalente a un terrain de football, a enregistré une température record de plus de 111 millions de degrés Celsius.

Une étape primordiale franchie

Pour apprécier la performance, il faut savoir qu’il existe deux moyens de produire de l’énergie nucléaire. La fission, celle que l’on utilise dans les centrales actuelles, qui consiste à « briser » des noyaux atomiques lourds. Et la fusion, celle qui se produit dans notre soleil, qui comme son nom l’indique consiste en la fusion de noyaux légers comme le deutérium est le tritium, deux éléments présents dans l’eau de mer, en abondance sur notre planète.

Cet exploit représente un pas de géant dans le domaine énergétique. Concrètement, la température brièvement atteinte (quelques milliardièmes de secondes) est extrêmement proche de la température nécessaire au déclenchement d’une réaction de fusion thermo-nucléaire. Ce type de réaction est plus contraignant que la fission quant aux conditions initiales. En effet, la fusion de deux noyaux exige beaucoup d’énergie pour démarrer, ces derniers ayant tendance à se repousser.

D'autres embûches sur le chemin qui mène vers la fusion

Un autre défi proposé par la fusion nucléaire est le confinement de la réaction. Les technologies capables de contenir une telle énergie sont encore à inventer ou à améliorer. C’est un des aspects techniques que le projet ITER, en construction en France, devra travailler.

Selon les futurs résultats de cette expérience, réunissant l’Europe, les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la Corée du sud la Russie et l’Inde, la fusion pourrait devenir une nouvelle source d’énergie aux alentours de 2050/2080.

Si jamais les recherches sur la fusion aboutissent sur un moyen de production d’énergie, le monde pourra dormir sur ses deux oreilles, avec des réserves de deutérium équivalentes à plusieurs millions d’années de consommation énergétique mondiale. En attendant, les réserves de ressources fossiles s’épuisent et la planète s’étouffe.

Il y a matière à rêver.

Photo: Astro-Canada

Baptiste Decorps pour Thermikenergie

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