Comme nous vous l'avons expliqué hier, dix équipes d’architectes et d’urbanistes de renommée mondiale ont donc relevé le grand défi « de réfléchir sans restriction et sans tabou » au visage de Paris en 2030. Il ne s’agit pas d’un concours mais bien d’une réflexion étudiée et aboutie sur l’image d’une grande métropole durable et moderne : le Grand Paris. Le président a ainsi énoncé : « Le but n’est pas de faire gagner un projet et d’écarter tous les autres, le but c’est que dix pensées s’emparent de l’un des problèmes les plus difficiles au monde, le but c’est de laisser cheminer dix points de vue avec le pari qu’ils s’enrichiront les uns les autres. » Effectivement, chaque équipe a proposé des pistes, des solutions, des aménagements avec au cœur une volonté de donner un visage plus humain mais aussi plus écologique à ce que pourrait être le futur Paris.
Nicolas Sarkozy a déclaré que ces « dix représentations de l’avenir possibles […] ne sont pas antagonistes ». Selon lui, ces « représentations ne sont pas chimériques mais réalistes ». Nous avons donc passé au peigne fin ses rêveries (réalisables ?) d’un autre Paris plus grand, plus beau, plus vert et plus moderne.
- Equipe « Rogers Stirk Harbour & Partners »
Richard Rogers est un architecte britannique. Son cabinet « RSHP » compte quatre bureaux dans le monde (Londres, Madrid, Barcelone et Tokyo). Richard Rogers compte parmi ses ouvrages le centre Georges Pompidou situé au cœur de Paris et la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.
Le dessin de l’agglomération parisienne du futur comporte dix principes visant à rapprocher la ville et l’environnement. Créer une ville symbolique de l’après-Kyoto. Offrir des perspectives écologiques à une ville moderne et accessible. Voici donc quelques uns des dix principes mis en place par l’équipe RSHP :
- Intégrer la nature à la métropole par un réseau d’espaces ouverts. Leur volonté est de créer des couloirs écologiques reliant les espaces naturels importants de la région parisienne. Ils émettent aussi l'idée d'artères vertes qui mèneraient au centre de la ville et créeraient ainsi des connexions entre le centre et la périphérie. Dans Paris, leur volonté est de transformer des boulevards en voies vertes. Un très beau projet qui laissera rêveurs de nombreux écologistes mais concrètement comment le mettre en place ? Les parisiens connaissent déjà la galère entre les couloirs de bus, les pistes cyclables et les trottoirs. Comment rajouter en plus de tout cela des « boulevards en voies vertes » ? Cette hypothèse peut donc apparaître comme une rêverie chimérique irréalisable.
- Compléter le réseau de transports de la métropole. Cela se traduit par la volonté de créer un réseau circonférentiel qui relierait des grands pôles régionaux à la ville de Paris. L’équipe RSHP propose également de développer le réseau TGV à l’ouest de la métropole. Ceci est une très bonne initiative qui permettrait sans doute à de nombreux franciliens de privilégier les transports en commun à la voiture moins écologique. Mais ce projet risque de coûter cher et, à regret, ne prend pas en considération la rénovation d’un réseau de transports déjà existant.
- Réduire l’empreinte environnementale de Paris métropole avec la volonté d’une diversification du bouquet énergétique et la réduction de la demande en énergie. Depuis Kyoto, il est en effet devenu primordial pour les grandes métropoles de privilégier les énergies renouvelables dans une démarche de développement durable.
- Equipe « Atelier Lion - Groupe Descartes »
Cette agence rassemble aujourd'hui six associés et 40 architectes diplômés (urbaniste géographe, architecte d’intérieur, paysagistes, etc.). Le groupe a déjà réalisé de nombreux projets urbains en France : Plaine Saint-Denis, cité de la Méditerranée à Marseille, etc. Parmi ses autres œuvres figurent le palais de justice de Draguignan ou encore les logements en front du parc de Bercy et le long de La Villette à Paris.
La volonté du groupe est « d’améliorer l’ordinaire » en optimisant au mieux les dispositifs existants. Pour cela trois volontés :
- Transformer la géographie afin de lutter contre le réchauffement climatique. Cela se traduit par une proposition de créer une forêt en région parisienne. Celle-ci deviendrait d’ici quinze ans, une forêt active susceptible d’être exploitée afin de produire de l’énergie pour le chauffage et du bois pour la construction. Une action simple et peu onéreuse qui donnerait une nouvelle image de Paris en ville durable.
- Tout faire pour améliorer les déplacements en région parisienne afin de désenclaver certaines zones. Le groupe lance également l’idée de créer des circuits plus courts pour des véhicules électriques individuels "entre logistique, distribution et consommation, entre domiciles et services quotidiens".
- Enfin le groupe Descartes préconise l’optimisation du territoire existant et d’une géographie aujourd’hui sous–exploitée ou sanctuarisée. Pour cela, le groupe a la volonté de densifier des villes nouvelles, de créer de nouveaux espaces verts à l’image de Central Park à New-York. Ils préconisent également de mettre en valeur les espaces naturels existants. Pourquoi pas, mais se pose toujours la question de "où créer ces nouveaux espaces verts" ? Le cœur de Paris semble déjà bien investi…
- Equipe « Agence Grumbach & associés »
L’agence d’Antoine Grumbach intervient sur tous les domaines de l'architecture, de la programmation, de l'urbanisme et du paysage. Sa contribution à la culture urbaine se focalise notamment sur la forme et le dessin de la ville en lien avec la mémoire collective. Ce groupe est notamment l’auteur de la station Bibliothèque François Mitterrand de la ligne 14 du métro parisien. L’agence Grumbach & associés a centralisé son image du Grand Paris autour des trois grandes villes que représentent Paris, Rouen et Le Havre, en partant du principe que toutes les métropoles mondiales ont un accès privilégié à la mer. Pour cela, quelques infrastructures sont évoquées pour faciliter la relation entre les trois villes.
Le groupe émet le projet de relier Le Havre et Paris en une heure afin de faciliter les relations économiques entre les deux pôles et permettant ainsi d’allier transport fluvial et transport routier. Il projette également de créer des universités sur des péniches, de créer un « vélo route » afin de penser le territoire toujours en mouvement. Ce projet apparaît plus centré sur l'économie que sur l’écologie mais permet toutefois de valoriser les transports en commun et le contact entre les villes de manière plus écologique (vélo, transport fluvial…).
Au final, des projets qui ne se contredisent pas et qui peuvent même s’unir. Des projets écologiques, audacieux, économiques, sociaux ; parfois très concrets et quelquefois un peu chimériques. Mais des projets à encourager car l’image de Paris en ville durable reste encore un doux rêve écologique. La semaine prochaine, nous continuerons notre tour d’horizon de ces dix visions du Grand Paris du XXIème siècle.
Crédit Photo : imle-grand-paris














"Cela se traduit par une proposition de créer une forêt en région parisienne. Celle-ci deviendrait d’ici quinze ans, une forêt active susceptible d’être exploitée afin de produire de l’énergie pour le chauffage"
Il ne faut pas être un géni pour trouver des solutions aussi simplette et excessivement polluante. Si la combustion du tabac est polluante, le même phénomène de combustion d’une réaction chimique qui dégage une centaines de produits chimique toxique cancérigène avec la combustion du bois ou toute biomasse. Cette combustion cause des maladies cardiovasculaire et respiratoire.