Aujourd’hui, Greenpeace nous a gratifié de l’un des coups d’éclat médiatiques dont elle a le secret. L’ONG a placé sur la Seine un gigantesque iceberg de 12*22 mètres à sa base pour 16 mètres de hauteur. Une manière saisissante d’illustrer la problématique du réchauffement climatique.
Evidemment, il ne s’agissait pas d’un véritable iceberg mais d’une énorme toile gonflée qui devait soutenir un message politique. Plus précisément, Greenpeace a créé cet événement pour interpeler Nicolas Sarkozy à la veille du sommet du G8 (rencontre des 8 plus grandes puissances mondiales). Le Président de la République française « qui multiplie les discours incantatoires et se targue d'être le champion de la lutte contre le dérèglement climatique, n'a toujours pas fait la preuve de sa volonté politique à faire face à la crise climatique », estime le directeur de Greenpeace France, Pascal Hunting. Mais cet iceberg n’a pas seulement vocation à anticiper le sommet du G8. Pour Greenpeace, il a aussi valeur de préambule à la Conférence de Copenhague sur le changement climatique qui se tiendra en décembre 2009.
Une fois n’est pas coutume, c’est donc à un activisme bon enfant que ce livre l’ONG. Cette action s’insère dans une démarche critique mais aussi constructive puisqu’elle exorte le locataire de l’Elysée à devenir le fer de lance de la mise en place d’une politique climatique efficace sous le slogan « climate leadership now ! ». Greenpeace lance donc un défi au chef de l’Etat, celui de passer des mots aux actes.
Par contre, il est un acteur politique et non des moindres qui n’échappe pas aux foudres de Greenpeace en marge de cette action. Cette personne, c’est encore Pascal Hunting qui la nomme et l’accuse : « l'incapacité actuelle de Barack Obama à mettre le monde sur la voie d'un accord qui limitera l'augmentation des températures en deçà de 2°C », juge le dirigeant de Greenpeace.
Greenpeace appelle donc de ses vœux l’émergence d’un homme fort qui saura faire bouger les lignes et mettre à mal l’herméticité de certains pays sur la question climatique. Or, encourager Nicolas Sarkozy à s’imposer face à un Président des USA assimilé à un incapable est-elle vraiment une démarche opportune ? La résolution du réchauffement climatique passera forcément par un effort collectif des grandes puissances qui sont aussi les grands pollueurs. Peut-être n’est-il pas temps de courir le risque de soumettre l’enjeu climatique à d’éventuelles luttes d’égos.
Photos : Elodie BARAKAT Pour voir tout le reportage photo rendez-vous ici.









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