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Greenwashing : Survival International récompense une entreprise brésilienne

Femme ayoreo
  • Posté par Doris Buu-Sao le 21.01.2010
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Survival a décerné cette semaine le Prix du greenwashing 2010 à la compagnie Yaguarete. L’ONG accuse la compagnie brésilienne de détruire au bulldozer des terres de l’Amazonie paraguayenne… tout en justifiant cette déforestation illégale par des projets en faveur de l’environnement !
 
Le greenwashing ou écoblanchiment est une technique de marketing utilisée par une organisation (entreprise, gouvernement…) dans le but de donner au public une image écolo. En réalité, il s’agit plus d’un investissement en communication qu’un réel effort en faveur de l’environnement. Ces techniques de greenwashing se sont multipliées avec l’engouement pour les produits éco-responsables ; elles sont aujourd’hui en ligne de mire de l’ONG Survival International, qui œuvre pour la défense des peuples indigènes.
 
Un bel exemple de greenwashing
 
Survival International a ainsi décerné le Prix du greenwashing 2010 à l’entreprise Yaguarete Pora S.A, qui élève du bétail sur une partie du territoire des Indiens Totobiegosode, au Paraguay. La compagnie brésilienne a remporté ce prix pour « avoir tenté de faire passer la destruction d’une immense partie de la forêt des Indiens comme une noble action en faveur de la préservation de l’environnement », explique Stephen Corry, directeur de Survival.
 
Le 1er novembre 2009, des photos prises par satellite révèlent que les éleveurs de la compagnie défrichent au bulldozer la forêt pour leur bétail, et ce en dépit du fait que le ministère de l’Environnement leur ait retiré l’autorisation en août pour de précédentes déforestations illégales. Après la diffusion de ces images, la compagnie publie un communiqué de presse annonçant qu’elle créera une réserve naturelle sur ses terres.
 
Petit calcul : la superficie du territoire possédé par Yaguarete est de plus de 78 000 hectares, et la réserve que la compagnie projette de mettre en place sera de 16 784 hectares. En réalité, il s’agit bien de convertir les deux tiers de ce territoire en pâturages… Ou comment justifier la déforestation de territoires indigènes par la protection de l’environnement et de leurs habitants.
 
Une sérieuse menace pour « les citoyens les plus vulnérables du Paraguay »
 
Le peuple Totobiegosode est une tribu ayoreo isolée qui résiste depuis des décennies à l’invasion de leurs terres par les « Blancs ». Hier, les fermiers mennonites puis les évangélistes américains, aujourd’hui les éleveurs brésiliens… Les Totobiegosode déjà contactés dénoncent ce projet qui viole leurs droits inscrits dans la législation paraguayenne et internationale.
 
«  Les Totobiegosede sont le peuple isolé le plus vulnérable du monde. Une tragédie se déroule sous nos yeux – et sous l’objectif du satellite », soutient Stephen Corry. Un exemple de plus de ce que le développement économique ne profite pas toujours aux forêts… et aux peuples qui l’habitent.
 
En photo : Guireja, une femme ayoreo, assise devant sa maison abandonnée suite à la déforestation.

 

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