Alors que le Sénat examine le texte sur le travail le dimanche depuis mardi, cette mesure risque d’avoir un impact environnemental dont personne ne parle. La dernière mouture du texte sur le travail dominical autorise à travailler le dimanche dans les grandes zones commerciales de Paris, Lille et Marseille, ainsi que dans les communes touristiques. Or, le commerce est un secteur gourmand en énergie. Par ailleurs, pour rejoindre ces zones commerciales, les usagers utilisent le plus souvent leur voiture. Ainsi, il faut se demander quelles seraient les conséquences du travail dominical sur la consommation d’énergie et la circulation ?
Le travail dominical risque de coûter cher à l’environnement. Martine Billard, ex-députée Verts et nouvelle recrue du Front de Gauche alerte l’opinion public sur son blog : “C’est une loi à contre courant de la prise de conscience des limites de notre planète. (...) Les commerces ouvriront donc le dimanche pour toujours plus de consommation dont une partie inutile, toujours plus de déplacements motorisés producteurs de gaz à effets de serre mais toujours moins de vie familiale, culturelle et sociale”. Il est vrai que climatiser, éclairer, transporter des produits un jour de plus dans la semaine est synonyme de surconsommation d’énergie et d’augmentation de CO2.
Lorsque l’on sait qu’il y a quelques 1600 hypermarchés (surfaces de plus de 2500 m²) et 10 000 supermarchés (entre 400 et 2500 m²) en France, il y a de quoi s’inquiéter. Bien qu’ils ne soient pas tous concernés par le travail du dimanche, il faut noter qu’un hypermarché de 2 500 m² consomme 1,625 Gwh par an en n’ouvrant que 6 jours sur 7. Si cet hypermarché reste ouvert le dimanche (soit 52 jours de plus dans l’année), c’est 270 MWh par an qui s’ajoutent à la lourde facture. Pour vous donner un ordre d’idée, quand cet hyper ouvre le dimanche il consomme plus qu’un foyer moyen (couple avec 2 enfants) sur une année entière !
Selon l’ADEME, la consommation d’énergie est devenue un critère d’achat puissant. Ainsi, l’ADEME s’intéresse à la consommation d’énergie de magasins en fonction du volume des ventes (par m² de surface de vente), des plates-formes réfrigérées et de l’acheminement des produits du consommateur à son domicile. Un hypermarché consomme donc en moyenne 600 à 700 kWh par m² et par an. On constate que la réfrigération alimentaire et l’éclairage sont responsables de 30 à 35% des dépenses en énergie. La climatisation ou le chauffage compte pour 10 à 15% des dépenses. De plus, consommer plus d’électricité c’est augmenter le gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Par ailleurs, pour se rendre à leur hypermarché favori, les consommateurs viennent majoritairement en voiture. Un coffre c’est bien pratique, mais la distance parcourue (entre 8 et 10 kilomètres) est néfaste pour l’environnement. Arnaud Gossement, porte parole de France Nature Environnement (FNE), regrette une chose : “C’est dommage qu’il n’y ait pas eu d’évaluation environnementale de cette décision-là. On peut estimer qu’une telle mesure pourra avoir des conséquences sur la consommation d’énergie ou sur la circulation aujourd’hui. Elle peut poser des questions logistiques aussi. Aujourd’hui, les poids lourds sont interdits de circulation le dimanche mais est-ce que ça restera ainsi ? Nous regrettons juste que la question n’ait pas été posée”.
FNE est une fédération française qui rassemble près de 3 000 associations de protection de la nature et de l'environnement. Au-delà des partis politiques, nombreux sont ceux qui ont conscience de l’impact environnemental et social du travail dominical. Il semble donc contraire aux ambitions du Grenelle de l’environnement d’ouvrir les boutiques le dimanche. Qu’en pensez-vous ?
Crédit Photo : Abode of Chaos / Flickr









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