Les peuples indigènes sont menacés par les projets de modernisation et parfois même de développement durable. Certaines mesures de lutte contre le réchauffement climatique aboutissent ainsi à la déforestation et à la destruction de la biodiversité. Mais les indigènes élèvent aujourd’hui la voix pour défendre leur mode de vie, qu’ils défendent comme traditionnel et durable.
Depuis des siècles, les peuples indigènes doivent faire face au pillage de leurs ressources par la société nationale ou les entreprises étrangères. Dans l’Amazonie, l’exploitation du caoutchouc à la fin du XIXe siècle a par exemple décimé les populations locales et a instauré un nouveau régime d’esclavage, l’enganche, toujours clandestinement en vigueur dans certaines régions pour l'exploitation du bois.
Aujourd’hui,
les projets de développement durable ne profitent pas non plus aux peuples indigènes. Au Kenya par exemple, les Ogieks se sont retrouvés
« réfugiés de la conservation » : ces chasseurs-cueilleurs vivent en harmonie avec la forêt de Mao depuis des siècles, mais l’Etat kenyan a décidé de les en expulser… pour conserver la forêt de sa destruction par les exploitants de charbon ! Un rapport de Survival International indique ainsi que la plupart des mesures pour combattre le réchauffement climatique détruisent les peuples indigènes.
Un autre développement durable est-il possible ?
Des mesures de consultation de ces peuples existent. La plus contraignante est la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail, actuellement ratifiée par 20 pays. Mais celle-ci n’est pas toujours respectée. Au Pérou, le gouvernement l’a ratifiée et s’est donc engagé à respecter les droits des peuples autochtones garantis par ce traité. Mais il passe souvent outre son obligation de consultation. L’an dernier, son refus du dialogue a engendré un affrontement sanglant des forces de l’ordre avec les indiens de l’Amazonie à Bagua, avec un bilan officiel (toujours discuté) de 34 morts.
Aujourd’hui, des représentants des peuples autochtones sont présents à chaque conférence sur le climat, comme c’était le cas à
Copenhague. Ils promeuvent un mode de vie qui permet d’allier sauvegarde des traditions autochtones et préservation de la
biodiversité, et martèlent aux côtés des altermondialistes qu’un « autre monde est possible ». Leur voix sera-t-elle entendue ?
Crédit photo : Doris Buu-Sao