La lutte biologique fait rage dans les parcelles d’agriculture bio. Comment éradiquer les nuisibles tout en restant conforme aux standards biologiques ? Un laboratoire israëlien développe un insecticide naturel révolutionnaire à base de venin de scorpion.
Le standard de l’agriculture bio est clair : interdiction d’utiliser des engrais ou des pesticides chimiques. La lutte biologique est de mise pour éradiquer insectes et autres parasites : coccinelles, champignons, ça ne rigole pas, tous les coups sont permis.
La terreur des insectes
Le Professeur Gurevitz de l’université de Tel-Aviv, est peut-être sur le point de finaliser un insecticide bio original qui ne cible que les insectes indésirables. En Israel sévit le scorpion jaune, un scorpion dont l'efficacité du venin est reconnue. Son intérêt est qu’il est composé d’un cocktail de toxines foudroyantes, dont certaines ne sont mortelles que pour tel ou tel insecte.
En maîtrisant sa composition, les chercheurs espèrent mettre au point des pesticides hautement spécifiques, qui élimineraient les insectes néfastes sans pour autant tuer les insectes bénéfiques comme les abeilles par exemple.
Une usine à venin tenue par des bactéries
Pour y parvenir, les gènes codant pour ces toxines ont été isolés, puis insérés dans des bactéries qui deviennent donc capable de synthétiser ces produits.
Pourquoi ne pas avoir injecté les gènes directement dans le génome des plantes à protéger ? Deux raisons à cela. La première, c’est que la culture en question deviendrait directement un OGM. La seconde, c’est que le venin est neutralisé par le système digestif des insectes qui mangent la plante génétiquement modifiée.
Ces insecticides, une fois développés, présenteront deux avantages majeurs par rapport aux pyréthrinoïdes, ces insecticides chimiques largement utilisés. Ils seront en effet inoffensifs pour les insectes utiles à l’agriculture bio comme les coccinelles ou les abeilles, et sans danger pour l’homme ou la nature (les quantités croissantes de pyréthrinoïdes retrouvées dans les stations d’épuration laissant présager une pollution alarmante si aucune alternative n’est trouvée).
Actuellement l’équipe israélienne travaille sur des méthodes de modification de l’expression des gènes afin d‘affiner encore plus la spécificité des venins envers les insectes. Si ces travaux venaient à trouver un débouché industriel (et ce sera le cas selon toute vraisemblance), les cultures biologiques auraient un système de défense de poids à leur côté.
Crédit photo : Alpha du centaure - Flickr














