La nouvelle réglementation sur le label biologique européen devait entrer en vigueur le 1er janvier 2009. Reporté à juillet 2010, ce label bio européen figurera obligatoirement sur les étiquettes des produits bio issus de l'Europe des 27. Toutefois, afin de ne pas dérouter les consommateurs, les labels nationaux pourront être adjoints au label bio européen.
L'objectif du label bio européen est d'unifier les critères du "bio" dans l'Union Européenne, entre pays du Nord à l'agriculture biologique relativement "industrialisée" et nouveaux arrivants aux critères laxistes. Les producteurs de produits bio français se référaient jusqu'alors au label AB (Agriculture Biologique), label du Ministère de l'Agriculture, certifié par des organismes indépendants. Or, le label AB devra se plier au cahier des charges européens, beaucoup moins exigeant. Les agriculteurs français contestent donc ce label bio européen trop permissif.
Après un âpre débat, les 27 ont accepté que les produits certifiés du label bio européen puissent contenir des traces d'OGM, dans la limite de 0,9%. Or, pas d'OGM du tout, tel est le credo de l'agriculture biologique française. De plus, le règlement prévoit que "l’utilisation d’organismes vivants et de méthodes de production mécaniques est préférée à l’utilisation de matières synthétiques". Autrement dit ces méthodes ne s'imposeraient pas. Ainsi, si l'approvisionnement en insecticide végétal dans les campagnes reculées devenait difficile, celà bénéficierait à l'industrie des pesticides chimiques, durablement toxiques, avec la bénédiction - et le label bio européen - de l'UE. Par ailleurs, l'uniformisation des critères biologiques ne tient pas compte des spécificités nationales et/ou régionales.
La FNAB (Fédération française de l’Agriculture Biologique) a manifesté son désaccord sur ces nombreux points. D'autant plus que de nombreuses associations écologistes craignent une perte de confiance des consommateurs pour les produits bio.
Toutefois, le label bio européen présente aussi des avantages :
Bien que certaines contraintes de production qui diffèrent de l’ancienne règlementation française soient considérées comme trop souple par de nombreux producteurs, ce label bio européen, unique et officiel va notamment permettre d’éviter une confusion dans la reconnaissance des produits bio.