...Mais pas sur la planète !
Steven Vromman, Belge, est considéré comme l’Européen au plus petit impact sur la Terre. « Low impact man » est un « décroissant », bien conscient que tout ce qu’il consomme a des répercussions sur le monde. Pour protéger la planète, il a décidé de vivre autrement. Retrouvez l’interview qu’il a accordée à Greenzer.
Steven, comment s’est créée votre conscience écologique ?
Steven Vromman, "low Impact Man" : Avant, je travaillais dans l’éducation. Je prenais déjà en compte les inégalités sociales et la pauvreté. L’année dernière, j'ai travaillé pour une ONG environnementale, j’ai donc été initié aux problèmes de l’empreinte écologique. Je me suis demandé ce que sera le futur de mes enfants. Et pour eux, j’ai changé de vie…
Comment vivez-vous pour être « l’homme au plus petit impact » ?
Steven Vromman, "low Impact Man" : L’idée de départ, c’est de se dire que « bien vivre », c’est respecter les limites d’une seule planète. Aujourd’hui, un Européen possède une empreinte écologique autour de 5 hectares. Si tout le monde, autour de la planète, suit le même style de vie, nous aurions besoin de 2 planètes de plus. Or, si on divise les terres bioproductives du monde par habitants terrestres, on devrait se contenter d’1,8 hectares. Mon projet, c’est donc de vivre avec la plus petite empreinte écologique : vivre sans voiture, utiliser le moins possible d’énergie grise, manger local, éviter la viande et le poisson, acheter le plus possible de produits en seconde main, limiter mes déchets, partir en vacances en vélo et utiliser l’eau de pluie.
En somme, quel type de « décroissant » êtes vous ?
Steven Vromman, "low Impact Man" : Je pense qu’il est important d’être bien dans sa vie. C’est pour cela que je ne culpabilise pas pour manger un morceau de chocolat ou voir un film au cinéma. En fait, je consomme modérément et je fais la distinction entre ce qui est réellement nécessaire, ou ce qui est un luxe de vie.
Socialement, ce mode de vie est-il facile à partager avec vos proches ?
Steven Vromman, "low Impact Man" : Au début, c’est vrai, les gens étaient surpris. Ils pensaient soit que je retournais à une vie primitive, soit que j'allais manquer de l’essentiel et être malheureux. Maintenant, mes proches peuvent voir que j’ai toujours un bon niveau de vie, peut-être même meilleur. En plus, je vis de manière plus économique, en meilleure santé et j’ai bien plus de liens sociaux. Mes enfants sont maintenant habitués et vivent confortablement. Le plus difficile pour eux ce n'est pas la décroissance, mais l'attention que me portent les médias. Je ne leurs impose rien, et ils ne sont pas obligés d’aller aussi loin que moi. Je ne leurs achète rien de « nouveau », mais mes enfants peuvent tout de même s’offrir ce qu’ils veulent avec leur argent.
Quels objets de la vie courante ont-été les plus difficiles à abandonner ?
Steven Vromman, "low Impact Man" : Quand on prend de nouvelles habitudes, tout est difficile. Baisser le chauffage à 18°C, n’utiliser l’eau des toilettes que 2 ou 3 fois par jour, etc…Mais après quelques semaines, tout devient plus facile ! La première année, j’avais décidé de ne plus acheter de journaux d’actualités. Mais parfois c’est difficile d’avoir des informations, sans accès à internet ou la radio. Maintenant, je fais un compromis : j’achète le journal quand je prends le train ! Avant, je conduisais beaucoup et je prenais souvent l’avion. Maintenant, je me dis que c’est trop impactant pour la planète et inconcevable à utiliser.
Pensez-vous que vous avez encore des choses à améliorer dans votre vie de "décroissant" ?
Steven Vromman, "low Impact Man" : Je vis dans un appartement que je loue, mais qui n’est pas très bien isolé. Il faut que je fasse les travaux moi-même, pour atteindre la maison la plus efficiente. Mais disons que je ne suis pas le meilleur en bricolage !
Avec toute votre implication pour le bien de la planète, prenez-vous quand même des vacances à l’étranger ?
C’est possible de prendre des vacances, sans voiture ou avion ! Je suis allé en Suède par bateau, et les capitales européennes sont accessibles par train. On peut toujours organiser ses vacances autrement, même l’Amérique est accessible en 3 semaines par bateau…Tout est une question de choix.
Avez-vous des trucs et astuces écologiques à nous faire partager ?
Steven Vromman, "low Impact Man" : Regardez les choses différemment et ajustez vos achats à vos besoins. Ne suivez pas la publicité ou la mode, mais votre cœur. La famille, les amis, une ballade dans la nature et une bonne santé sont primordiaux. En finir avec le matériel me semble primordiale. Cela évite l’insatisfaction permanente…














