En surface – expression à prendre au sens propre et figuré – la marée noire qui a touché le Golfe du Mexique semble terminée. Fini les travaux de colmatage et tout le monde s’en réjouit. Sauf que des océanographes ont montré qu’en profondeur, le pétrole se disperse encore et toujours…
L’Etat américain était optimiste. Selon des évaluations gouvernementales, 74% du pétrole brut déversé par la station off-shore de BP avaient été éliminé par évaporation, bio-dégradation, récupération et autres moyens. Une bonne nouvelle, si des scientifiques d’un grand centre d’études océanographiques n’avaient pas fait une découverte teintée de gris : un important nuage de pétrole flottant à plus de 900 mètres de profondeur s'étendant sur au moins 35 km et mesurant 1,9 km de largeur.
Pas de doute, c’est du pétrole BP !
Après analyse, les océanographes ont démontré que ce nuage de pétrole était bien celui de BP. Composé de nombreux composants pétroliers, il pourrait rester plus longtemps que prévu dans la colonne d’eau. En même temps, la nouvelle n’étonne que certains américains, qui se demandaient où la nappe (disparue de la surface mi-juillet) était passée.
Des dispersants… « coulants »
Pour Rick Steiner, éminent biologiste et spécialiste des marées noires qui s’était exprimé en mai dernier sur la question BP, cette nouvelle « catastrophe » était prévisible. Les dispersants toxiques utilisés pour enrayer la marée noire seraient cache-misère en plus d'être très toxique : en permettant de couler le pétrole, plus rien n’était trop visible en surface.
Mais une fois dans l’eau, c’est tout l’écosystème pélagique –comprendre de la colonne d’eau - qui pourrait suffoquer à cause du pétrole. Ne reste plus qu’à espérer pouvoir compter sur les bactéries pour nettoyer ce nuage d’hydrocarbure. Nous, pauvres êtres humains que nous sommes, nous n’avons plus beaucoup de moyen d’agir sur le pétrole dilué dans l’eau…
Crédit photo : Martin Dube/flickr











