Phénomène surprenant en Amérique, les marmottes ont tendance à prendre de l’embonpoint à cause des variations de températures.
Inutile d’être un scientifique renommé pour s’en rendre compte : les marmottes ont étrangement proliféré ces dernières années en Amérique du Nord. Des chercheurs de l’université du Kansas viennent de publier dans la revue Nature les résultats d’une étude sur le long terme, engagée en 1976, dont l’objectif était de suivre l’évolution des populations de ces rongeurs somnolents.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les espèces se suivent et ne se ressemblent pas. Car après les lézards et les serpents, les marmottes nous livrent des résultats contradictoires.
Pas grosses, juste enrobées
Leurs travaux démontrent pour la première fois que des changements de température peuvent influer sur le poids et la population des animaux. Des résultats qui pourraient éventuellement s’appliquer à d’autres espèces hibernant également.
Entre 1976 et 2008, le poids moyen des marmottes à ventre jaune adultes (Marmota flaviventris pour les intimes) est passé de 3.09 kg à 3.43 kg pour une population vivant dans le Colorado. Des marmottes plus grosses, mais également plus fertiles. Sur la même période, leur taux de reproduction est passé de 0.56 naissances par an à 14.2 entre 2001 et 2008 !
Après avoir supposé que les marmottes volaient des plaquettes de chocolat suisse pour s’empiffrer en cachette, les scientifiques ont émis l’hypothèse qu’avec le réchauffement climatique, les neiges fondent précocement et donc les marmottes sortent de leur hibernation plus tôt.
Les envahisseurs marmottes des forêts
En se réveillant, ces feignantes possèdent encore leurs réserves de graisses nécessaires pour tenir un hiver normal, et elles passent donc plus de temps à manger durant le printemps, ce qui expliquerait leur embonpoint. Avec plus de réserves d’énergie, elles se retrouvent alors dans des conditions plus propices à leur reproduction, d’où cette prolifération spectaculaire ces dernières décennies.
Alors, le monde de demain, chauffé au fer rouge, sera-t-il dominé par les marmottes ? Surement pas. Les chercheurs préviennent en effet que si le mercure continuait de grimper, des sécheresses détruiraient les plantes dont les marmottes se nourrissent, les conduisant à leur perte. Alors si vous vouliez prendre en photo une marmotte géante de 300 kg, c'est probablement raté.
Crédit photo : Alan Vernon. - Flickr














