« La nature n’a pas de prix. » Faux ! Elle coûte 970 euros ! La nature a un prix et celui-ci n'est pas si élevé si l’on considère tous les avantages que Dame Nature offre en matière d'approvisionnement (eau douce, fibres, bioénergies) et de régulation (recyclage, modulation de phénomènes extrêmes, stabilité des sols, stockage de carbone). L’environnement nous offre ce qu’il a de meilleur et il est temps de lui rendre la monnaie de sa pièce ! Bernard Chevassus-au-Louis a donc travaillé sur un rapport tentant d’établir une valeur à la biodiversité afin d’évaluer tous les bienfaits que nous apporte notre environnement.
Il y a quelques semaines, le rapport Bernard Chevassus-au-Louis a été présenté au ministère chargé de l'Ecologie et du développement durable. Cet important rapport pose la question de la valeur de la biodiversité. En ces temps de crise où tout semble avoir un poids économique, Bernard Chevassus-au-Louis, inspecteur général de l'agriculture, envisage de fixer une valeur économique aux services écologiques rendus par la nature.
A l’heure où seul l’argent domine le monde, donner un prix à la nature permettrait aux politiques de mieux prendre en compte les valeurs de la biodiversité. Et si l’écologie devenait synonyme d’économie ? Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à la prospective et au développement de l'économie numérique, précédemment Secrétaire d'État à l'Ecologie, constate ainsi : « Nous avons un problème en matière de biodiversité : ce sujet se situe beaucoup moins haut dans l'agenda que le changement climatique alors qu'il est en lien avec celui-ci et tout aussi important. J'ai acquis la conviction que deux clés sont nécessaires pour porter un sujet en haut de l'agenda : d'abord un consensus scientifique partagé est nécessaire, comme c'est le cas avec le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ndlr) pour le changement climatique. Ensuite, nous devons pouvoir évaluer les choses dans une monnaie commune, avec tout ce que cette approche peut avoir d'abusif. » Puisque la nature se dégrade très vite, il est important que nous prenions conscience de sa véritable valeur culturelle et économique.
Prendre conscience de tout ce que la nature nous offre, voilà tout l’enjeu de ce rapport qui estime la valeur moyenne de la forêt à « 970 euros par hectare et par an en moyenne, avec une fourchette pouvant varier de 500 à 2 000 euros selon la fréquentation récréative ou touristique et le mode de gestion de l'écosystème ». L’environnement est donc au centre de toutes les préoccupations politiques. La nature offre des services inestimables et Bernard Chevassus-au-Louis envisage justement de les estimer ! « Il faut absolument sortir des situations dans lesquelles la nature ne vaut rien. On ne parviendra jamais à une évaluation précise, mais même si c'est de manière impartiale, les services de la nature doivent être valorisés », précise Nathalie Kosciusko-Morizet.
Afin d’influencer les futurs choix de la politique agricole, ou encore de réfléchir aux aménagements à entreprendre en faveur de l’environnement, le rapport offre aux politiques une idée de la richesse naturelle de nos territoires. « L'enjeu est que la valeur économique de la biodiversité soit intégrée dans les décisions publiques dès 2010, l'année où jamais de prendre des décisions pour stopper l'érosion de la biodiversité », souligne Chantal Jouanno, Secrétaire d'Etat à l'Ecologie. La nature s’épuise, il est grand temps que nous prenions conscience de sa valeur et de tout ce qu’on risque de perdre…
Crédit Photo : Allard One / Flickr










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