Une étude, publiée par le magazine Nature, montre qu’une pollution à l’ozone en provenance de l’Asie était décelable quelques jours plus tard à l’ouest des Etats-Unis. L’Amérique pourrait se retrouver aux limites des quotas qu’elle s’est fixés.
Le CO2 est l’enjeu de tous les débats d’aujourd’hui. De ce fait, les problèmes liés à l’ozone (O3) sont passés en arrière-plan des discussions mondiales. Pourtant, les difficultés ne sont pas derrière nous : d’un côté, les chercheurs sont pessimistes lorsqu’ils détectent un trou dans la couche d’ozone. Puis, selon une étude publiée par la magazine Nature, ils pointent du doigt une concentration trop importante d’ozone dans l’atmosphère américaine, dont l'Asie serait responsable. Comment expliquer ces phénomènes, en apparence contradictoires ?
Trop d’ozone troposphérique au-dessus de l’Amérique
L’atmosphère est divisée en plusieurs couches de compositions différentes. La troposphère est la couche des phénomènes météorologiques, à la surface de la terre. La deuxième couche est la stratosphère, qui abrite en majorité la couche d’ozone. Or, la fluctuation des gaz doit être différente entre les deux couches. Autant l’ozone est indispensable dans la stratosphère pour protéger la planète vis-à-vis des UV, autant ce gaz devient poison pour la faune (affections pulmonaires) et la flore (ralentissement du taux de croissance des végétaux) à proximité de l’écorce terrestre. Les Etats-Unis sont bien conscients du danger que représente une augmentation de leur ozone troposphérique...
Les Etats-Unis, engagés depuis 30 ans dans la lutte contre l’ozone
Comme l’homme aime bien modifier les choses, il créé une surabondance d’ozone troposphérique. Les réactions chimiques entre le dioxyde d’azote rejeté par les voitures, les gaz d’échappement et les combustions réagissent avec des organiques volatiles, sous l’action des rayons du soleil. Résultat ? Une fabrication d’ozone…l à où il n’en faut pas ! Pour pallier ces différents problèmes de l’atmosphère, les Etats-Unis ont signé en 1988 une convention sur les pollutions atmosphériques transfrontalières longue distance.
L’Asie se moque de ses rejets d’ozone
Aujourd’hui, l’Amérique, malgré ses efforts, pourrait être très bientôt en disconformité en regard de sa législation actuelle. Sur la côte Ouest, les chercheurs ont détecté une augmentation de l’ozone troposphérique égale à 30% depuis 1984. Les responsables ? Certainement les émissions asiatiques. La Chine, l’Inde et l’Asie du Sud-Est n’ont aucune législation pour limiter les rejets, ayant pour conséquence une augmentation de 50% entre 2001 et 2006 de leur ozone troposphérique. Les déplacements de ces rejets sont facilités par les courants atmosphériques d’altitude, qui traversent l’Océan pacifique d’ouest en est : l’Amérique devient dont réceptrice des polluants de ses « voisins » ! Nouvelle preuve, pour ces deux géants, que les actions en faveur de l’écologie ne doivent pas s’arrêter à leurs portes…
Crédit photo : duncid/flickr














