Préserver la biodiversité et les ressources naturelles serait aussi important que de lutter contre le réchauffement climatique. En effet, selon le Groupe de travail n°2 du Grenelle de l’environnement : “Si la crise de la biodiversité, qu’il s’agisse de la disparition d’espèces animales ou végétales, est moins connue que celle du climat, les dégâts sont tout aussi graves” (Rapport du Groupe 2).
À la différence du changement climatique (phénomène global) la crise de la biodiversité se traduit par une multitude d’événements locaux. Ainsi, la complexité du phénomène augmente et il est plus difficile à appréhender. Pour comprendre cet enjeu, il faut avoir une approche globale du vivant – des micro-organismes aux animaux en passant par les végétaux –, qui intègre les trois niveaux que sont les gènes, les espèces et les écosystèmes.
Rappelons également que lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992, la biodiversité a été reconnue comme étant un bien vital et commun à tous. La préserver est à la fois : - une priorité scientifique (la biodiversité permet à la planète de fonctionner), - un enjeu éthique (droit à la vie des espèces), - social (partage des valeurs et des avantages entre les peuples), - et économique (ressources biologiques et génétiques).
La perte de la biodiversité est en général réalisée au détriment de la biodiversité restante. Notre bien-être (écologique, économique et culturel) passe donc par la préservation celle-ci. S'il est besoin de trouver une cause utilitaire à la préservation de la biodiversité, il suffit de rappeler que nous y puisons nos ressources alimentaires, mais aussi les matières premières nécessaires à notre survie.
Les écosystèmes exploités fournissent en effet des produits que nous utilisons directement. Par leur simple fonctionnement les écosystèmes nous rendent même des 'services écologiques' : maintien de la qualité de l'atmosphère, régulation du climat, contrôle de la qualité de l'eau, formation et maintien de la fertilité des sols. Par exemple, la multiplicité des saveurs et la qualité des aliments dépendent d'une savante alchimie entre les variétés, les sols, les pratiques agricoles et le milieu naturel. La filtration de l'eau, la formation des sols ou encore le recyclage des éléments nutritifs dépendent de la biodiversité. De même pour la pollinisation ou la dispersion des semences. Et bien qu'il s'agisse ici d'exemples de développement au niveau local, ces services écologiques peuvent avoir une incidence au niveau régional ou mondial. On le sait, la déforestation contribue par exemple aux changements climatiques.
Nous dépendons également d'un grand nombre d'espèces utilisées dans de multiples produits du quotidien. Selon Le Journal du CNRS n°180, "Entre 40 % et 70 % des médicaments proviennent des substances naturelles – plantes, organismes marins, micro-organismes –, car elles présentent une incroyable diversité moléculaire. Les plantes en particulier : les 350 000 espèces répertoriées dans le monde représentent un réservoir unique de molécules aux vertus thérapeutiques". Le déclin de la biodiversité impacte donc la recherche médicale.
Mais la biodiversité joue également un rôle important dans la culture et l'identité des différentes régions du globe. On parle notamment de "biodiversité culturelle" pour désigner à la fois la diversité biologique (espèces animales et ornithologiques, espèces végétales) ET la diversité culturelle (langues, religions, savoir-faire, groupes ethniques, visions du monde, folklore et traditions). L’ensemble de cette biodiversité culturelle est menacée de la même érosion que la biodiversité naturelle. En effet, les peuples vivants dans des environnements menacés (Amazonie, Arctique...) sont en train de mourir avec leur culture orale au même titre que l'environnement. Au rythme actuel, 90% des langues parlées sur la planète auront disparus d’ici 2100 !
Certes, le Grenelle de l’environnement a permis la consolidation de plans d’actions thématiques. Toutefois, l’appropriation de cet enjeu environnemental majeur par l’ensemble des acteurs est un réel défi, encore à relever. D'autant plus que le Rapport du Groupe 2 indique la volonté de la France d’être au cœur de l’action européenne pour la diversité biologique et les ressources naturelles.
Outre la nécessité actuelle de faire connaître cette situation et d’informer l’opinion publique de la crise de la biodiversité, il existe des solutions concrètes pouvant contribuer à enrayer cette crise. Nous sommes en effet au cœur de la biodiversité et ne cessons d'interagir avec elle. La perte de la diversité biologique entraînerait inévitablement une réduction des possibilités de développement pour les générations à venir. C’est pourquoi, lorsque l’on parle de développement durable, il ne faut pas oublier la biodiversité qui est sans aucun doute un enjeu environnemental majeur du XXIe siècle dont on ne parle hélas pas assez. Mais la crise de la biodiversité et la crise climatique sont liées et aussi importantes l'une que l'autre. Il ne faut pas oublier une crise au détriment d'une autre.
Crédit Photo : suneko / Flickr









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