Une étude de l’UFC – Que choisir révèle que les prix des produits bio sont abusivement élevés, et que le marché du bio reste réservé à une niche de consommateurs aisés. L’UFC s'insurge, d’autant que le Grenelle de l’environnement ambitionne de développer l’agriculture biologique…
L’UFC – Que choisir a mené une enquête auprès de plus de 1 600 magasins en relevant 120 000 prix différents. Ses conclusions : les prix du marché des produits biologiques sont bien trop élevés, et s’approvisionner en bio reste
hors de portée pour la plupart des consommateurs.
Des produits inaccessibles au plus grand nombre
Trop peu de produits bio en rayon et à des prix trop élevés : dans son communiqué du 26 janvier, l’UFC indique que « le panier de produits bio à marques de distributeurs (MDD) est 22 % plus cher que le panier de marques nationales conventionnelles. Pire, il est 57 % plus cher que le panier de MDD non bio ».
Il est vrai que
l’agriculture biologique est plus coûteuse : parce qu’elle s’interdit l’usage des pesticides et des engrais chimiques, l’agriculture bio nécessite plus de main-d’œuvre pour un même rendement, et doit donc nécessairement augmenter les prix pour arriver à l’équilibre. Mais le mode d’agriculture n’est pas le seul responsable.
Deux coupables : la PAC et la grande distribution
Depuis sa création, la Politique Agricole Commune (PAC) encourage l’agriculture conventionnelle intensive en calculant les subventions en fonction de la surface d’exploitation. Autant dire que les petits agriculteurs bio sont défavorisés, et qu’à défaut de subventions, ils doivent compenser en augmentant les prix de leurs produits.
Démocratiser le marché des produits bio
Alors que dans
les accords de Grenelle figure
l’objectif de tripler les surfaces cultivées en bio, il serait temps d’ouvrir le marché des produits bio au-delà des ménages les plus aisés. Pour y parvenir, l’UFC – Que choisir demande que la PAC soit repensée en faveur de l’agriculture biologique, que la grande distribution applique les mêmes marges sur les produits bio que sur les produits standards, et que la formation des prix des produits bio se fasse de manière plus transparente avec l’aide de l’Observatoire des Prix et des Marges.
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