La fin possible des puits d'absorption de carbone européens, faisant la balance des gaz émis par la production agricole et l'élevage, c’est ce qu’annonce un rapport de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique). Une exploitation non durable des forêts et une intensification de l’agriculture en Europe pourrait en être la cause.
D’après des mesures réalisées entre 2000 et 2005, les émissions de gaz à effet de serre (GES), comme le méthane et le protoxyde d’azote, liées à l’élevage d’animaux et à l’agriculture (engrais azotés), sont compensées, en équivalent carbone, par des « puits de carbone » ou « puits CO₂ ». Ces puits de carbone – forêts, océans, prairies… – sont des « réservoirs » qui absorbent le carbone et contribuent ainsi à la régulation du taux de gaz à effet de serre dans l’atmosphère terrestre.
Selon les experts de l’INRA, ces puits européens, forêts et prairies, peuvent absorber 305 millions de tonnes de CO₂ chaque année. Ce qui représente 19 % des rejets de CO₂ dus à des énergies fossiles ! Un chiffre qui malheureusement tombe à 2% en raison des émissions de protoxyde d’azote liées à l’agriculture (qui contribue à hauteur de 14 % aux émissions mondiales de GES), mais aussi de méthane liées à l'exploitation des tourbières et à l’élevage. Ces gaz sont malheureusement bien plus nocifs pour le climat que le carbone car ce sont des GES plus puissant. L’intensification de l’agriculture et la surexploitation des forêts pourrait donc réduire à néant le léger bénéfice ou la balance nette des puits de carbone européen dans les années à venir.
Seule issue selon les experts de l'INRA : "développer des politiques d'aménagement visant à réduire des émissions" de GES, "gérer au mieux les puits de carbone", mais surtout repenser l'ensemble de la production agricole européenne. A envisager notamment : la rémunération du stockage de carbone (dont on peut d'ores et déjà douter de l'efficacité à long termes) ou l'instauration de quotas de carbone pour le domaine.
Photo : Flickr/tlindenbaum












