Du 10 au 14 août, 180 pays participent à des négociations informelles pour préparer la Conférence des Nations Unies sur le réchauffement climatique de Copenhague (COP 15). Au total, 4 jours de pourparlers qui devront aboutir à une meilleure lisibilité des objectifs pour que cette conférence ne débouche pas sur une coquille vide. A 4 mois de l’échéance, il était temps.
Aujourd’hui le projet de lutte contre le réchauffement climatique tient en 200 pages. Un texte touffu qui pourrait bien permettre à certains pays d’ergoter à l’heure de prendre les mesures indispensables à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Après le flop du G8, lors duquel les pays développés n’ont pas su convaincre et mobiliser autour du projet de réduction des émissions de GES mondiales de 50%, à l’horizon 2050. La nécessité de mettre à plat les mesures et les moyens à mettre en œuvre ne souffrent aucune contestation. Pour parvenir à maintenir le réchauffement climatique en deçà des 2 °C, il faut être convaincant, clair, résolu et crédible.
Or, pour l’instant, aucun de ces facteurs n’est réuni. Non seulement, le texte est trop long et trop peu explicite, mais les marques tangibles d’une détermination des pays développés sont insuffisantes pour convaincre des pays tels que la Chine, le Mexique, le Brésil ou encore l’Afrique du Sud. Comment inspirer la confiance lorsque le forum des économies majeures est incapable de prendre un engagement chiffré en matière de réduction des GES ? Comment convaincre quand l’aide financière aux pays en voie de développement n’est pas fixée ? Autant de questions qui devront être réglées dans 4 mois pour que la COP 15 ne soit pas aussi décevante qu’à pu l’être le protocole de Kyoto.
L’ampleur de la tâche qui reste à accomplir ne pousse donc pas à l’optimisme béat comme le sous entend Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur le réchauffement climatique. « Il est préoccupant que nous ayons tant à faire en si peu de temps », déclare ce dernier. On ne le contredira pas sur ce point. Plus que préoccupant, il paraît complètement sidérant qu’une conférence aussi décisive prenne forme dans l’urgence. Avec de tels délais, on a même peine à croire que cette COP 15 parvienne à déboucher sur quelque chose de concret. Une perspective qui fait froid dans le dos si l’on considère cette conférence de Copenhague comme une de nos dernières bouées de sauvetage climatique.
Photo : Spigoo / Flickr










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