Valoriser les résidus d’épuration des fumées d’incinération des ordures ménagères (ou REFIOM) : c’est l’objectif d’un nouveau procédé de recyclage, mis au point par la société française Sagace.
Couvé au sein du pôle de compétitivité francilien Advancity, le projet devrait se concrétiser en 2010 par la réalisation d’une première unité de traitement type à échelle industrielle. A terme, la technique pourrait concerner l’intégralité des 500 000 tonnes de cendres d’ordures ménagères générées chaque année dans l’Hexagone. Objectif : faire passer le taux d’enfouissement de ces résidus de 70 % à 3 % en les valorisant pour de nouvelles applications : matériaux de plâtrerie, charge minérale ou sel de déneigement.
Un procédé inédit
Sur un plan environnemental, l’idée ne manque pas d’intérêt. D’abord parce qu’elle permet d’éliminer des rejets de déchets toxiques. Mais aussi parce qu’elle réduit les émissions de CO2 des unités d’incinération tout en limitant les transports au sein de la filière. « L’avantage de ce procédé est qu’il résulte d’une approche globale, conduisant à la mise en œuvre de matériels standards et éprouvés. Ce qui est réellement innovant et même révolutionnaire est la conception de l’ensemble de la chaîne de traitement », explique Charles Boulet, ingénieur ECP et consultant sur le projet.
Passer à l’échelle industrielle en 2010
Lancé à la fin des années 90, le projet a depuis été validé par une installation test à Bonneville (Savoie). Une première encourageante qui incite désormais l’équipe de concepteurs à viser un palier supérieur en 2010. « Nous poursuivons notre réflexion avec un important exploitant d’usine d’incinération d’ordures ménagères afin de concrétiser la construction d’une première unité de traitement type à échelle industrielle, précise Charles Boulet. Cette installation sera accompagnée d’un pilote démonstrateur destiné à réaliser les mises au point et les améliorations du procédé au titre de la veille technologique ».
Une solution économique
Lorsqu’il sera définitivement au point, le procédé de Sagace devrait avoir un sérieux argument pour convaincre : sa rentabilité. Le prix de revient d’une tonne de REFIOM traitée est évaluée à 120 euros contre 250 à 270 euros pour son équivalent enfoui. Différents modèles économiques sont envisagés pour la future commercialisation du procédé. « La technologie pourra être mise en place directement par l’exploitant de l’UIOM ou gérée par une PME chargée du système », explique ainsi Etienne Mombereau du groupe Ourry. Mieux, la technique française pourrait être synonyme de création d’emplois. Une unité type de traitement de 20 000 tonnes par an devrait en effet nécessiter au moins 9 collaborateurs.
Photo : Jean-Louis Zimmermann/Flickr
Baptiste Roux dit Riche,
Cleantech Republic, le magazine des technologies vertes















