Nicolas Sarkozy a ouvert, ce matin à Paris, la conférence internationale sur les grands bassins forestiers. Nicolas Sarkozy a abordé les sujets complexes de la déforestation, de l’organisation de l’ONU, de l'échec de Copenhague ou de la controverse autour du GIEC.
13 millions d’hectares disparaissent chaque année dans le monde, soit presque la surface totale des forêts de la France métropolitaine. C’est avec ce constat que Nicolas Sarkozy a débuté son premier discours institutionnel sur l’écologie, depuis la conférence des Nations Unies sur le changement climatique. Dès le départ, le chef de l'Etat annonçait ses ambitions : "Nous formons une coalition de bonnes volontés, au service du bien commun que sont les forêts". Ce matin à Paris, le Président de la République faisait face à une soixantaine de dirigeants de pays d’Afrique, d’Amérique Latine et d’Asie. Cette conférence était l'occasion de confirmer et d'amplifier les engagements financiers contre la déforestation, dans lesquels la France s'est beaucoup investie.
276 millions d'euros débloqués sur trois ans par la France
Nicolas Sarkozy a souligné que "seuls, les pays pauvres ou en voie de développement n’ont pas les moyens financiers pour bien entretenir les forêts". Selon le chef de l’Etat, ce n’est "pas le moment d’avoir à faire un choix entre misère et déforestation". " Plus déterminé que jamais à faire avancer la lutte contre le changement climatique ", Nicolas Sarkozy est revenu sur les accords de Copenhague. Selon lui, " Ce sommet a été frustrant, il a été difficile. Mais Copenhague représente un tournant essentiel si nous faisons le service après-vente". Le président de la République a ajouté "Ce qui est en cause, c'est tout simplement la survie de l'humanité et celle de la planète. La négociation doit repartir mais à une condition : que les résultats soient au rendez-vous". Pour "un projet amibitieux commun", Nicolas Sarkozy propose une nouvelle coalition : "Mettons tous ceux qui veulent faire quelque-chose, pauvres et riches, et prenons des mesures. Ceux qui ne veulent rien faire sont ceux qui ne veulent pas payer. Et comme cela, ce sont les pays pauvres d’Afrique qui vont payer."
"l’ONU est absolument indispensable mais ça ne marche pas"
"Il faut faire la différence entre le moment où on vote un texte et le moment où on le prépare" a estimé Nicolas Sarkozy. "On ne peut pas continuer la fiction qui consiste à penser que 199 pays et leurs représentants peuvent négocier un texte. C'est fou, on n'y arrivera jamais ! Chaque voix compte, même les pays les plus pauvres. Mais les méthodes de travail doivent changer. Il faut une réforme des Nations Unis, ou ils se trouveront dans une impasse." a-t-il poursuivi. Nicolas Sarkozy n'a pas manqué d'ironie en précisant que, "à part les remerciements du début et le salut de la fin, rien ne faisait l'objet d'un accord" concernant Copenhague. Nicolas Sarkozy ne veut pas renoncer aux objectifs même si la conférence de l'ONU a manqué d'organisation.
"Il ne faut pas confondre la forme et le fond ", souligne Sarkozy en défendant le GIEC
Concernant le fond, Nicolas Sarkozy est intransigeant et a défendu le travail des chercheurs. " Les critiques qui se sont abattues récemment sur certains travaux de ce formidable réseau mondial de scientifiques ne doivent pas faire perdre de vue l’essentiel : le réchauffement climatique est une réalité". Il ajoutera plus tard "Qu’il y ait des débats sur les méthodes, tant mieux. C’est d’ailleurs comme ça qu’on fait avancer la science incontestable. Le GIEC a droit à notre reconnaissance et mérite notre soutien".
Comme un certain bilan de ses volontés, Nicolas Sarkozy s'est lancé, avec une pointe d'humour, dans une ode à la fraternité : "En 2010, le monde est à un moment décisif. Demandez à ceux qui vous font des déclarations d'amour ce qu'ils sont prêts à faire". Pour le Président de la République, il faut reprendre le travail : "On a Copenhague à relancer, un système monétaire à réinventer et un développement à repenser".
Crédit photo : JB pour Greenzer.fr














