Amis des bêtes et de la mode éthique, la soie non-violente est faite pour vous. Respectueux de l’animal, comme de l’environnement, ce matériau unique mérite d’être un peu mieux connu. Cette année, à l’Ethical Fashion Show, Article 23, marque engagée pour une mode durable et plus équitable, a décidé de le mettre à l’honneur. Pour en apprendre un peu plus, nous avons rencontré Priscilla, qui nous en parle avec conviction.
Qu’est-ce que la soie « non-violente » que vous utilisez à Article 23 ?
La soie que nous utilisons est appelée non-violente parce que nous l’extrayons sans faire violence aux vers, contrairement au procédé traditionnel. Dans la fabrication de la soie traditionnelle, on recupère les cocons réalisés par les vers. Ils sont ensuite ébouillantés avant que le ver ne soit sorti du cocon : sachant qu’il faut à peu près 1500 vers pour faire un mètre de soie… La soie non violente permet au contraire de récupérer le fil après que le ver ait terminé sa mutation et se soit dégagé du cocon. On n’ébouillante donc pas les vers encore vivants, on ne les tue pas.
Pourquoi cette différence de procédé ?
Traditionnellement, on considérait que le filament de soie était beaucoup plus fin et beaucoup plus soyeux s’il était extrait au moment où le ver était à l’intérieur. En réalité, ce n’est pas vrai.
Quelle utilisation faites-vous de la soie chez Article 23 ?
Chez Article 23, nous la travaillons en jersey. C’est pour cela qu’elle n’a pas l’aspect de la soie que l’on connaît ici. Cela lui donne un aspect, un relief et des reflets uniques. Elle ne perd rien des qualités naturelle de la soie : thermique, repassage facile… mais cela procure un aspect surprenant à la matière, à la robe en particulier. Donc en termes de fluidité, de bien-être, on reste sur la même qualité que la soie que l’on connait.
Comment est-elle insérée au sein de votre collection ?
La soie non-violente a été intégrée dans la collection Printemps/été 2010. C’est vrai que ça allait parfaitement avec le thème que la styliste, Naia Rico a créé autour de la collection : Alice au pays des merveilles. On sait que dans l’histoire, Alice se lie d’amitié avec un ver. En fait c’est un ver à soie ! Dans la collection femme, nous présentons deux modèles réalisés avec la soie non-violente : deux robes, une robe tee-shirt qui est faite pour la ville, pour tous les jours, et une robe un peu plus travaillée en drapée, avec un travail de pli sur le dessus. Au sein de la collection unisexe, nous proposons un tee-shirt unisexe, et dans la collection homme, un tee-shirt à manches longues avec un col tunisien.
La soie non violente est-elle accessible à tous ?
La différence de prix entre une robe en coton bio et la même en soie non-violente est seulement de 5 euros ! Donc si nos clientes recherchent des matières comme la soie, elles peuvent y accéder très facilement.
Les matériaux, soie, mais aussi coton bio, que vous utilisez sont-ils certifiés ?
Le coton est biologique, réalisé selon les normes du commerce équitable, comme la soie. Par ailleurs, Article 23 fait partie de la compagnie du commerce équitable et également du groupe SOS qui est vraiment totalement investi sur des projets sociaux, humanitaires, solidaires. Pour nous, la question de l’engagement éthique ne se pose pas : on ne pense pas faire autrement. C’est une véritable synergie de groupe !
La mode et l’éthique, c’est compatible pour vous ?
Chez Article 23, on fait de l’éthique parce que c’est vraiment une qualité intrinsèque de la marque, de la société, mais on veut faire aussi de la mode ! Et les deux vont ensemble. On ne peut pas juste faire de l’éthique ou juste faire de la mode. On essaye de combiner les deux dans une démarche engagée. Du coup, on essaye de pousser au maximum la recherche, la créativité, l’originalité de la pièce pour apporter la même satisfaction à une cliente, qu’elle soit en recherche d’éthique ou pas.












j ai découvert le procédé de la soie non violente l'année dernière avec Céline Faizant, une créatrice qui utilise aussi cette technique qui évite de tuer tous ces vers à soie. Je soutiens énormément ces initiatives. Comme le disait Gandhi, un vêtement ne peut être beau s'il y a eu souffrance pour le créer. D'autre part, je soutiens aussi l'abolition des articles de mode en cuir. Des marques éthiques fabriquent des articles en cuir dit écologiques, car le procédé de tannage est différent. Mais il y a quand même des millions d'animaux tués et l'élevage des animaux, de plus, n'est pas écologique car il nécessite beaucoup d'eau et favorise la déforestation. www.leblog.greenky.fr