2ème partie de l'enquête Greenzer sur les éco-quartiers
Les quartiers durables prennent les formes les plus variées et tentent, chacun à leur manière, de répondre aux enjeux environnementaux. Entamons un rapide tour d’horizon des quartiers stars dans les pays européens passés experts en matière de développement durable. BedZED (Sutton - GB), Vauban (Freiburg-en-Brisgau - RFA) ou encore GWL -terrein (Amsterdam – Hol) font partie de ces lieux qui tiennent le haut du pavé dans le développement durable.
Jetons d’abord un œil sur un éco-quartier « historique », celui de Vauban. Construit en 1996 sur l’emplacement d’une ancienne caserne, il est probablement le plus connu. Dès 1975 et le projet controversé de l’installation d’une centrale nucléaire à proximité de Fribourg, la question énergétique s'est imposée dans la conscience collective de la région..
Quelques 34 ans plus tard, le quartier se concentre sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pour se faire, il a développé son urbanisme pour devenir « le quartier des courtes distances ». Une distance dite « courte » n’excède pas les 700 mètres sachant que la distance la plus agréable est de 300 mètres. Le forum Vauban engage les habitants du quartier à abandonner garage et place de parking pour un gain d’espace d’environ 20%. Avec une incitation au covoiturage et la création prochaine d’une ligne de Tramway, le quartier Vauban utilise des outils classiques. Il illustre ainsi parfaitement le fait qu’un écoquartier ne se limite pas à l’exploitation de nouvelles technologies propres. Un urbanisme bien pensé qui encourage les attitudes éco-responsables est une dimension essentielle dans l’efficacité d’un éco quartier.
Toujours dans cette perspective de limiter les émissions et les trajets en voitures, GWL-terrein est le premier projet sans voiture en Europe. L’objectif est d’atteindre 0,3 automobiles par logement. Seuls les véhicules d’urgence devraient subsister. Pour y parvenir, une compagnie d’auto-partage propose des véhicules en libre service. Des pistes cyclables, des mesures d’apaisement de la circulation sur les rues périphériques et le terminus du tramway complètent le dispositif.
Situé à 3 km du centre-ville d’Amsterdam, GWL-terrein s'est construit sur une ancienne station de traitement de l’eau potable occupant 6 hectares. Aujourd'hui, ce quartier résidentiel dense (100 logements par hectares) conserve l’identité du site même si les nouvelles constructions dominent. 591 logements ont été construits (273 à caractère social et 318 habités par les propriétaires). Dimension écologique et sociale donc, mais pas seulement. Les architectes ont apporté une certaine originalité grâce à des couloirs intérieurs ou des appartements à plusieurs étages qui permettent une entrée privative en rez-de-chaussée.
Mais la palme de l'originalité architecturale, c'est dans le sud de Londres qu'il faut la chercher. Pour finir penchons nous donc sur « l’éco-village » BedZED ou Beddington Zero Energy Development qui compte 82 logements pour 250 habitants. Ce projet est le fruit de l’imagination de l’architecte Bill Dunster. L’homme qui nourrit un grand intérêt pour le solaire s’est donné pour mission de réaliser un village libéré des énergies fossiles.
L’idée est de créer un quartier qui réduira de moitié son empreinte écologique. Il a donc fallu estimer précisément qu’elle surface permettra de produire les ressources utilisées pour répondre à la consommation d’énergie et fournir l’espace nécessaire aux infrastructures du quartier. Résultat, un quartier 100% développement durable. Construit selon les principes de l’Habitat écologique, il intègre la recherche d’alternatives à l’automobile, la diminution des pollutions et des émissions de CO2 ainsi que la dimension sociale.
BedZED a aussi le mérite de prouver que l’écoquartier n’est pas la dernière lubie à la mode de quelques bourgeois bohèmes dingues d’écologie. Le quartier est le théâtre d'une véritable mixité sociale. Familles aisées (propriétaires) et familles modestes (locataires à qui l'on a réservé la moitié des logements) y cohabitent.
Dans ce même registre du lieu commun, on a souvent tendance à présenter les écoquartiers comme étant la chasse gardée des européens. Or, de nombreux projets sont menés à travers le monde. Un autre voyage s’impose mais cette fois, il s’agira de vols long- courriers.
(Vendredi, la 3ème partie de l’enquête Greenzer sur les écoquartiers : « quartiers durable around the world »)
Crédit Photo : Agence d'Urbanisme de la Région Mulhousienne / Flickr











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